Mobondo entre reddition et justice, Kinshasa ouvre le temps du tri des responsabilités

Le gouvernement congolais, par la voix du Vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, annonce que la reddition des miliciens Mobondo dans le cadre du DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) n’exclut pas des poursuites judiciaires, chaque cas devant être examiné individuellement selon les actes commis.

Le silence des armes déposées

Dans le processus de pacification en cours, la reddition de près de 692 combattants Mobondo marque une étape significative. Les armes déposées fusils AK-47, PKM, mortiers et munitions dessinent la fin visible d’un cycle de violence, sans pour autant effacer ses ramifications juridiques.

Justice sous condition d’examen

Jacquemain Shabani insiste sur une ligne de principe : la justice reste indépendante et pleinement mobilisable. Le DDR n’est pas une zone d’impunité, mais un dispositif de transition où chaque individu est appelé à répondre de ses actes devant les juridictions compétentes si nécessaire.

Architecture du désarmement

Le processus engagé combine désarmement, démobilisation, réinsertion et requalification. Il s’agit d’un mécanisme gradué visant à transformer des combattants en acteurs sociaux réinsérés, tout en maintenant ouverte la possibilité de poursuites ciblées selon les responsabilités établies.

Entre pacification et mémoire des crimes

Si les autorités évoquent une évolution « positive » du processus, la prudence demeure de mise : la coexistence entre logique de réintégration et exigence de justice dessine un équilibre fragile, où la stabilité sécuritaire dépend autant de la confiance que de la traçabilité des responsabilités individuelles.

Dans ce type de transition, la justice ne disparaît pas : elle se différencie. Comme le rappelait Desmond Tutu : « Il ne peut y avoir de paix sans justice », soulignant que la réconciliation durable repose sur la reconnaissance des faits autant que sur leur dépassement. Et selon Paul Ricœur, « le pardon n’est pas l’oubli, mais la mémoire transformée », une idée qui éclaire ici la tentative d’articuler désarmement et responsabilité, dans un processus où la paix se construit moins par effacement que par clarification progressive des actes passés.

Didier BOFATSHI /VF7, voltefainfos7.com

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