Dans les collines tourmentées du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, la guerre a encore changé de visage. Après une
journée de combats violents, le village stratégique de Malemo, situé dans le groupement Bashali Mokoto, est passé sous le contrôle des combattants Wazalendo, qui ont réussi à déloger les rebelles de l’AFC-M23. Les affrontements, rapportent des sources coutumières et sécuritaires, ont éclaté dès l’aube et se sont prolongés jusqu’à la tombée de la nuit. Au terme d’une bataille acharnée, les rebelles ont été contraints de battre en retraite, abandonnant une position considérée comme stratégique sur l’axe reliant Kalembe à Mpety.
Une bataille au cœur des routes de guerre
Le village de Malemo occupe une position clé dans cette région montagneuse. Situé sur l’axe Kalembe-Mpety, il constitue un passage vital reliant Masisi au territoire de Walikale. Selon des sources locales, une partie des rebelles s’est repliée vers Kalembe, tandis que d’autres éléments ont pris la direction de Mindjendje et de Mpety, dans le groupement Kisimba. La perte de cette localité perturbe la liaison logistique des rebelles vers leurs positions situées autour de Pinga, un secteur considéré comme l’un de leurs bastions dans la région.
La ligne de front mouvante
Ces combats surviennent à peine un jour après d’autres affrontements signalés à Kashuga, toujours dans le groupement Bashali Mokoto. Dans ce centre commercial stratégique, les combattants wazalendo avaient dû se retirer après plusieurs heures d’affrontements, laissant la localité sous contrôle des rebelles.
La succession rapide de ces batailles illustre la fluidité du front dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo. Comme l’écrivait le stratège Carl von Clausewitz :
« Dans la guerre, tout est simple, mais la chose la plus simple est difficile. »
Une population prise dans l’ombre des armes
Pendant que les combattants se disputent collines et villages, les populations civiles demeurent les premières victimes de cette instabilité chronique. Les déplacements de troupes et les échanges de tirs alimentent la peur dans les localités environnantes. La situation sécuritaire reste particulièrement volatile dans plusieurs villages de Masisi et de Walikale, où chaque avancée militaire peut être remise en cause par une contre-offensive.
Dans ces territoires meurtris par des années de conflit, chaque village repris ou perdu devient un symbole fragile d’espoir ou d’inquiétude. Malemo, aujourd’hui sous contrôle des wazalendo, pourrait encore changer de mains au rythme des batailles. Comme l’écrivait l’historien Thucydide : « La guerre est un maître violent qui façonne les hommes à son image. »
Et dans les collines du Nord-Kivu, cette vérité tragique continue de s’écrire, jour après jour, au prix de la peur et de l’incertitude des populations.
ACP / VF7, via voltefaceinfos7.com