Makobola repris : la RDC entre feu et stratégie

Les FARDC affirment avoir repris le contrôle total de Makobola 1 et 2 après des combats intenses contre l’AFC/M23, à quelques dizaines de kilomètres d’Uvira. La ville, encore au cœur des tensions, illustre le dilemme constant entre intervention militaire et quête de paix durable.
Feu sur Makobola : capture et victoire tactique
À 30 km au sud d’Uvira, Makobola s’est dressée comme le théâtre d’une confrontation féroce. Selon le général-major Sylvain Ekenge, « lors de ces combats, nous avons capturé des militaires rwandais, des combattants de l’AFC/M23. Ils étaient au nombre de 17. Il y a eu des morts. C’étaient des combats très violents. Même si Makobola est aujourd’hui sous le contrôle des Forces armées, la prise de cette localité a nécessité des combats sérieux de nos troupes ». La localité, symbole d’une lutte acharnée, reflète l’intensité de la guerre qui déchire la région.
Uvira en ligne de mire : l’ombre des enjeux diplomatiques
À seulement 7 km d’Uvira, les combats continuent, entre éclats de poudre et tensions diplomatiques. Les États-Unis dénoncent le non-respect par Kigali des accords de Washington, rappelant que la diplomatie tente de freiner une guerre qui n’a jamais vraiment cessé. « L’annonce du retrait d’Uvira par la rébellion… n’a qu’un seul objectif : faire baisser la pression internationale », analyse le gouvernement congolais.
Quand l’armée forge la paix à coups de canon
Les experts en relations internationales soulignent que l’usage de la force reste un outil limité : « Une intervention militaire peut protéger des populations, mais elle peut aussi prolonger le conflit si elle ne s’accompagne pas d’un processus politique inclusif » (Simon Chesterman, Guerre juste ou paix juste ?). Makobola, conquise mais fragile, incarne le dilemme : la victoire sur le terrain n’est pas encore une paix durable.
Didier BOFATSHI

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