Lubero : la MONUSCO face au rejet populaire dans l’axe Manguredjipa

Vendredi 19 décembre 2025. À Lubero, les habitants de Manguredjipa, Njiapanda et Byambwe rejettent catégoriquement le déploiement annoncé de la MONUSCO. Depuis 2014 dans le territoire de Beni, la mission onusienne est jugée inefficace face aux attaques récurrentes des ADF et est désormais perçue comme une « nouvelle forme d’insécurité ». Les populations exigent un dialogue préalable et plaident pour une action concertée avec les forces locales.
Un mandat sous tension
La MONUSCO, chargée de protéger les civils et de soutenir les FARDC, peine à convaincre sur le terrain. Les habitants dénoncent le bilan des interventions depuis 2014 : massacres répétés, patrouilles sporadiques et absence de résultats tangibles. « Ce n’est pas en quelques jours que nous obtiendrons la paix », affirment plusieurs résidents, traduisant un sentiment profond de frustration et d’abandon.
Fronde citoyenne et refus catégorique
Les communautés locales ont fait savoir qu’elles ne souhaitent pas voir les Casques bleus déployés dans leurs villages. La Société Civile du Congo appelle à surseoir à toute opération et insiste sur un dialogue préalable. « La paix durable passe par le respect de la volonté des populations », explique Amani Kasiki Etienne, coordonnateur provincial, soulignant que l’acceptation locale est essentielle pour toute intervention internationale.
Vers une coopération locale renforcée
Pour les habitants, seule une action combinée des FARDC, des troupes ougandaises de l’UPDF et des « vrais Wazalendo », soutenue par la volonté politique du gouvernement central, peut restaurer la sécurité. La MONUSCO, pour regagner sa crédibilité, devra intégrer la dimension communautaire, coordonner ses actions et assurer une communication transparente.
Crédibilité et légitimité en jeu
Le rejet populaire à Lubero révèle la fracture entre mandat international et attentes locales. La mission onusienne doit désormais concilier présence militaire et dialogue social pour transformer sa légitimité en stabilité tangible. Dans le Nord-Kivu, la frontière entre sécurité et acceptation citoyenne reste fragile, et la réussite de la stabilisation dépendra de sa capacité à écouter et à agir avec les communautés.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfois7.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *