Lualaba : entre poussière et fureur, les creuseurs reprennent le fil du cobalt

Après des journées de barricades, de caillassage et de morts, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, lève la suspension des activités minières artisanales. Entre tension sociale et enjeux économiques, le cobalt de Kolwezi retrouve son souffle, mais la poudrière reste présente.
Les routes de Kolwezi en flammes, les camions enchaînés
Samedi 27 décembre, Kolwezi et ses satellites miniers ont vibré au rythme des cris, des pierres et des véhicules brisés. Barricades improvisées, pillages et violences meurtrières ont mis la ville à feu et à sang. Un jeune et un employé minier ont payé le prix de la contestation. La suspension ministérielle, pensée pour assainir le secteur, a éclaté comme un volcan sur la vie fragile des creuseurs artisanaux.
Suspension levée, mais l’ombre des ZEA plane
Face à la colère populaire, Fifi Masuka Saini a fléchi : la suspension est levée, les creuseurs peuvent reprendre le travail. Une commission de traçabilité et des séances pédagogiques sont annoncées, mais la menace sociale reste palpable. Le cobalt, fil d’or noir du Lualaba, retrouve son cours légal, tandis que la province tente de panser ses plaies.
Entre ordre et chaos, l’équilibre fragile
La crise révèle un équilibre précaire entre régulation étatique et survie économique. Les mesures de contrôle sans accompagnement ont généré violence et méfiance. Experts et autorités locales soulignent l’urgence d’un dialogue structuré et de mécanismes alternatifs pour éviter la répétition des heurts. Le Lualaba, capitale mondiale du cobalt, reste une scène où se jouent puissance, pauvreté et passions humaines.
Didier BOFATSHI

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