Dans le cœur géographique de la République démocratique du Congo, la province de Lomami demeure prisonnière de ses terres rouges et de ses routes blessées. Des députés nationaux, conduits par Augustin Mulumba Kanza, ont plaidé auprès de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka pour rompre l’isolement structurel qui freine le souffle économique de la province.
La route comme droit silencieux des peuples
L’interpellation des élus nationaux sur le désenclavement de la Lomami traduit une lecture moderne du développement territorial. L’absence d’asphalte, la dégradation des axes prioritaires et les obstacles logistiques composent une géographie de l’attente où les marchés respirent difficilement.
Selon Amartya Sen, le développement est avant tout l’expansion des libertés réelles des populations. Une province isolée n’est pas seulement pauvre en infrastructures, elle est aussi privée de possibilités.
L’économie étouffée par la poussière des chemins
Le caractère enclavé de la province limite la circulation des biens et l’accès aux services sociaux. L’aménagement du territoire devient ainsi un langage politique de justice spatiale. Comme le rappelait Henri Lefebvre : « L’espace est un produit social. » L’oubli des routes équivaut à l’oubli des hommes qui les empruntent.
Gouverner, c’est désenclaver
L’écoute affichée par le gouvernement s’inscrit dans la réduction des disparités provinciales portée par le Programme d’Actions du Gouvernement. La promesse politique devient ici un pont suspendu entre les territoires oubliés et l’État central.
Le combat des députés rappelle que le développement ne se mesure pas seulement en chiffres mais en chemins ouverts. « La civilisation se juge à la manière dont elle traite ses marges », écrivait Raymond Aron. Car une nation grandit moins par la hauteur de ses villes que par la liberté de ses routes.
7 sur 7.cd / voltefaceinfos7.com