Auditionné par le CSAC, le directeur général de Top Congo FM dénonce une lecture tronquée de ses propos. Au-delà du cas individuel, l’épisode relance le débat sur l’éthique médiatique, la régulation et la liberté d’expression en RDC.
Dans les couloirs feutrés du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), les mots pèsent parfois plus lourd que les actes. Ce mercredi 17 décembre 2025, Christian Lusakueno, directeur général de Top Congo FM, s’y est présenté pour être entendu au sujet de propos diffusés à l’antenne. Une audition qu’il dit avoir sollicitée lui-même, pour dissiper ce qu’il qualifie d’« interprétation hors contexte » et défendre l’intégrité de son travail journalistique.
Une comparution anticipée, un signal politique
Initialement convoqué pour le jeudi, Christian Lusakueno a choisi d’anticiper son audition. Entouré de ses avocats, il affirme avoir voulu faire preuve de transparence et de respect de la procédure. Un geste qui se veut à la fois institutionnel et symbolique : se présenter volontairement devant le régulateur pour reprendre la main sur le récit.
Le cœur du litige : le contexte contre l’extrait
Au centre de l’affaire, une accusation récurrente dans l’univers médiatique : le découpage des propos. Le patron de Top Congo FM soutient que ses déclarations ont été sorties de leur contexte, générant une lecture erronée et amplifiée. Il rappelle que les émissions incriminées restent disponibles en ligne, offrant au public et au CSAC la possibilité d’en juger l’intégralité, sans montage ni filtre.
Une fracture entre journalistes
Dans une déclaration teintée de regret, Christian Lusakueno pointe du doigt le rôle de certains confrères dans la propagation de la controverse. Une critique qui révèle une fracture plus profonde au sein du champ médiatique congolais, où la concurrence de l’audience et la vitesse de l’information fragilisent parfois la rigueur professionnelle.
Décryptage théorique : réguler, contrôler, protéger
Cette audition illustre un rapport de force classique entre médias influents et autorité de régulation. Le CSAC affirme son pouvoir de contrôle, tandis qu’un acteur médiatique majeur défend son espace de manœuvre et sa crédibilité. Elle met en lumière la centralité du sens et de l’interprétation. Ce ne sont pas seulement les propos qui sont en cause, mais la manière dont ils sont perçus, relayés et reconstruits dans l’espace public. Le contexte devient un champ de bataille symbolique. Elle rappelle l’objectif normatif de la régulation : garantir une presse libre mais responsable, respectueuse de l’éthique et de la déontologie, sans verser dans la censure ni l’intimidation.
Perspectives : un test pour la régulation médiatique
L’issue de cette audition sera scrutée comme un indicateur de l’équilibre entre liberté de la presse et régulation en RDC. Pour Christian Lusakueno, l’enjeu est clair : préserver la crédibilité journalistique. Pour le CSAC, il s’agit de réaffirmer son rôle sans étouffer le débat public. Entre contrôle et confiance, le curseur reste fragile.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfos7.com