L’Église catholique revendique l’antériorité de sa dénonciation

L’Église catholique en RDC n’aurait pas attendu l’emballement médiatique pour dénoncer l’appui du Rwanda à l’AFC/M23. C’est le sens de la mise au point de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui affirme que plusieurs communiqués antérieurs citaient déjà nommément Kigali.

Selon lui, l’archevêque Fulgence Muteba et d’autres évêques auraient publiquement évoqué ce soutien présumé. Les accusations d’« inédite posture » relèveraient, à ses yeux, de la mauvaise foi ou de l’ignorance.

Antériorité revendiquée

La CENCO soutiendrait avoir été « la première église » à adopter publiquement cette position. Cette insistance sur la chronologie ne serait pas anodine : elle viserait à rétablir une cohérence institutionnelle et à défendre la crédibilité morale de l’épiscopat.

Comme l’écrivait Hannah Arendt, « le pouvoir naît lorsque les hommes agissent ensemble ». En rappelant ses prises de position passées, l’Église chercherait à consolider son autorité dans l’espace public.

L’évolution pastorale

Mgr Nshole évoque une « évolution pastorale » après des condamnations restées sans effets tangibles. L’option actuelle privilégierait un pacte social pour le vivre-ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs. Il ne s’agirait pas d’un silence, mais d’un changement de méthode.

Saint Augustine rappelait que « la paix est la tranquillité de l’ordre ». Le dialogue national proposé s’inscrirait dans cette quête d’ordre restauré par la concertation plutôt que par la seule dénonciation.

Entre prophétie et controverse

La présence passée de Mgr Muteba à Goma, lors d’une messe en l’honneur du Bienheureux Floribert Bwana Chui, avait suscité des critiques dans la sphère du pouvoir. L’Église, prise entre exigence prophétique et prudence pastorale, évoluerait sur une ligne étroite.

« La vérité est le commencement de toute grandeur », écrivait Émile Zola. En revendiquant la constance de sa parole, la CENCO chercherait à rappeler que sa mission dépasse les conjonctures politiques.

Dans un climat où chaque déclaration pèse, l’Église affirmerait ne pas changer de cap, mais ajuster sa stratégie convaincue que la paix durable exige à la fois clarté morale et patience politique.

Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.comTop of Form

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