La République démocratique du Congo s’impose dans une nouvelle dynamique géoéconomique. À Addis-Abeba, les États-Unis ont plaidé pour l’accélération de « corridors stratégiques » en Afrique, présentés comme des leviers d’intégration, d’industrialisation et de compétitivité continentale. Au centre de cette architecture émergente : les minerais critiques, dont le cobalt congolais constitue une pièce maîtresse.
Lors d’un forum du Corporate Council on Africa, Nick Checker, haut responsable du Bureau of African Affairs, a affirmé que ces corridors ne sont « pas seulement des projets d’infrastructure », mais « l’épine dorsale » de l’intégration économique africaine. L’objectif affiché : passer de la vision politique à des projets bancables, structurés et exécutables.
L’architecture d’un axe stratégique
La nouvelle initiative, lancée avec la Union africaine, prend la forme d’un Strategic Infrastructure and Investment Working Group. Cette plateforme entend combiner outils financiers américains notamment la DFC et EXIM Bank et capacité de coordination politique de l’UA, alignée sur l’Agenda 2063.
Washington insiste sur une approche pragmatique : identifier des projets « vérifiés », réduire les risques grâce à un appui politique conjoint et mobiliser le secteur privé à chaque étape, de la préparation au financement.
La RDC dans la chaîne des minerais critiques
Les infrastructures liées aux chaînes d’approvisionnement en minerais critiques figurent parmi les priorités. La RDC, premier producteur mondial de cobalt, apparaît ainsi comme un acteur central de cette recomposition. Un projet pilote transfrontalier RDC–Rwanda a été évoqué comme possible « proof of concept » régional, susceptible d’illustrer la viabilité d’un modèle reproductible à l’échelle continentale.
Une convergence d’intérêts
Au-delà du commerce, l’initiative répond également à des priorités de sécurité économique américaine. Elle vise simultanément à renforcer les exportations africaines, stimuler le commerce intra-africain et attirer des investissements structurants.
Dans ce nouvel échiquier économique, la RDC ne se limite plus à un rôle de fournisseur de matières premières. Elle devient un pivot stratégique d’une recomposition où infrastructures, minerais critiques et intérêts géopolitiques s’entrelacent.
Actualite.cd / Voltefaceinfo7.com