Une nouvelle passe d’armes diplomatique secoue les Amériques. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a vivement dénoncé le sommet convoqué en Floride par Donald Trump, le qualifiant de « néocolonial » et accusant
Washington d’encourager l’usage de la force militaire pour résoudre des crises internes en Amérique latine.
La déclaration, publiée sur le réseau social X, intervient après que le dirigeant américain a affirmé que l’île communiste « vivait ses dernières heures » et qu’il allait « s’en occuper ». Derrière cette joute verbale, se dessine une confrontation idéologique qui ravive les vieilles lignes de fracture du continent.
Floride, le théâtre des ambitions
Réuni en Floride, le sommet initié par Donald Trump rassemble plusieurs gouvernements conservateurs d’Amérique latine autour d’une promesse affichée : renforcer la sécurité régionale et combattre l’instabilité politique. Mais pour La Havane, cette rencontre dépasse la simple coordination diplomatique.
Aux yeux de Miguel Díaz-Canel, il s’agirait d’un cadre politique visant à légitimer l’interventionnisme américain, une accusation qui réactive la mémoire historique des relations tumultueuses entre Washington et le continent latino-américain.
La Havane brandit le spectre colonial
Dans son message, le président cubain dénonce un « petit sommet réactionnaire et néocolonial ». Cette rhétorique s’inscrit dans la tradition politique de l’île, qui présente souvent les initiatives américaines comme des tentatives de domination régionale.
Le penseur anticolonial Frantz Fanon écrivait que « le colonialisme ne se contente pas d’exploiter, il organise aussi l’ordre politique des territoires ». Une lecture qui résonne aujourd’hui dans les accusations portées par La Havane contre Washington.
Washington hausse le ton
De son côté, Donald Trump n’a pas caché sa volonté d’accentuer la pression sur Cuba, estimant que le régime de l’île approchait de sa fin. Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie de confrontation politique visant à isoler le gouvernement cubain sur la scène régionale.
Le diplomate américain Henry Kissinger rappelait que « dans l’hémisphère occidental, les rivalités idéologiques prennent souvent la forme de batailles pour l’influence ». Une formule qui semble résumer l’affrontement actuel entre Washington et La Havane.
Les Amériques à l’heure des fractures
Au-delà des déclarations, ce nouvel échange révèle la persistance d’une fracture politique entre deux visions du continent : celle d’une Amérique alignée sur les États-Unis et celle d’un bloc revendiquant une souveraineté face à Washington.
« Les conflits idéologiques ne disparaissent jamais vraiment ; ils changent simplement de langage », observait l’historien Eric Hobsbawm. Et entre les palmiers de Floride et les rues de La Havane, la vieille rivalité des Amériques semble une fois de plus se réveiller comme un écho persistant de l’histoire.
RFI, via voltefaceinfos7.com