
Derrière une tournée diplomatique en apparence classique, Han Zheng déploie une stratégie méthodique au nom de Chine. Du Kenya à Afrique du Sud, jusqu’aux Seychelles, Pékin consolide ses positions dans une Afrique devenue pivot géoéconomique. À l’heure de l’exécution des promesses du sommet Chine-Afrique 2024, l’enjeu n’est plus de séduire, mais de verrouiller.
Une diplomatie sans sommet, mais décisive
L’absence de Xi Jinping dans cette tournée n’est pas un retrait, mais un choix calculé. En mobilisant un vice-président, Pékin opte pour une diplomatie de continuité, moins spectaculaire mais plus opérationnelle. L’objectif : ancrer les engagements dans la durée, loin des effets d’annonce.
Les corridors du pouvoir ciblés
En rencontrant des vice-présidents et acteurs clés, Han Zheng vise les centres de gravité décisionnels. Une approche fine qui anticipe les transitions politiques et sécurise les partenariats au-delà des cycles électoraux. Ici, la relation se construit avec les décideurs d’aujourd’hui et de demain.
Territoires stratégiques, intérêts vitaux
Chaque étape de la tournée répond à une logique précise :
- Le Kenya, pivot logistique d’Afrique de l’Est, concentre les ambitions d’infrastructures, notamment autour du corridor Mombasa-Nairobi.
- L’Afrique du Sud, puissance industrielle, sert de relais diplomatique dans les enceintes internationales comme les BRICS.
- Les Seychelles, carrefour maritime, s’inscrivent dans la sécurisation des routes énergétiques.
Investir pour influencer
Au-delà des projets, c’est une architecture d’influence qui se déploie : financements, industrialisation, présence stratégique. Pékin ne cherche plus seulement à être un partenaire, mais à structurer les dynamiques économiques et politiques du continent.
Cette tournée révèle une constante : la puissance chinoise s’exprime moins dans le spectaculaire que dans la persistance. En Afrique, elle avance par ancrage, consolidation et projection.
Comme l’écrivait Sun Tzu : « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat. »
À travers ses routes, ses ports et ses alliances, la Chine semble appliquer ce principe — transformant l’influence en présence, et la présence en puissance durable.
RFI / VF7, voltefaceinfos7.com