
Dans l’écrin feutré du Conseil des ministres, à Kinshasa, le gouvernement a dévoilé une feuille de route d’urgence pour réveiller le Kwilu, province aux promesses lourdes mais aux routes brisées. Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, y a esquissé une vision de rupture : transformer l’inertie en mouvement, le délabrement en corridor de croissance.
Routes brisées, État debout
La RN17, artère fracturée, devient symbole. Elle ne transporte plus seulement des biens, mais l’absence même de l’État. « Le développement est impossible sans infrastructures », rappelait Albert Hirschman, théoricien des effets d’entraînement. Ici, la route devient langage politique.
Ports silencieux, économie en attente
Le port de Bandundu, sous-exploité, apparaît comme une mémoire suspendue. Entre quais dégradés et machines absentes, c’est tout un commerce intérieur qui suffoque. « Les infrastructures sont les veines de la prospérité », écrivait Douglass North, soulignant le rôle vital des institutions matérielles dans la performance économique.
Fiscalité incitative, promesse d’aimant
Le gouvernement promet un environnement fiscal attractif pour attirer investisseurs et capitaux. Une stratégie d’appel, presque magnétique. Dani Rodrik l’énonce clairement : « La croissance repose sur des institutions qui rendent l’investissement prévisible ». Ici, l’État tente de séduire autant qu’il régule.
Kwilu, laboratoire du futur
Au-delà des annonces, se dessine une ambition : faire du Kwilu un corridor productif. Agriculture, transformation, énergie tout converge. David Harvey parlait de “reconfiguration de l’espace par le capital” : c’est exactement ce qui s’ébauche, entre promesse et chantier.
Le Kwilu n’est plus seulement une province, mais une promesse politique suspendue entre poussière et espérance. Comme l’écrivait Paul Valéry : « Le futur n’est plus ce qu’il était ». Et dans ce futur incertain, une question demeure en filigrane : l’État saura-t-il transformer l’annonce en métamorphose ? « Gouverner, c’est prévoir ; et prévoir, c’est déjà bâtir » une maxime ancienne qui, aujourd’hui encore, résonne comme un verdict sur les routes du Kwilu.
Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.com