Un voile d’inquiétude recouvre Kinshasa. Selon un rapport publié mercredi par Human Rights Watch, une série de
disparitions forcées aurait été orchestrée par des éléments des forces de sécurité congolaises depuis mars 2025, plongeant familles et observateurs dans l’angoisse. Les victimes, souvent arrêtées en pleine nuit, auraient été détenues de manière secrète dans les locaux du Conseil national de cyberdéfense, sans mandat et sans accès à un avocat.
« Au cours de l’année passée, les forces de sécurité congolaises ont secrètement arrêté et détenu des personnes pour des motifs fallacieux au cœur de la capitale », dénonce Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.
Disparitions dans la capitale
Human Rights Watch a documenté au moins 17 cas confirmés de disparition forcée en 2025, avec d’autres témoignages jugés crédibles. Plusieurs victimes ont été retrouvées après des mois de détention secrète. Les arrestations impliqueraient à la fois la Police nationale congolaise et la Garde républicaine, parfois accompagnées d’hommes en civil, révélant un dispositif clandestin au cœur de la capitale. Le philosophe Hannah Arendt rappelait : « Là où les droits sont suspendus, la peur devient le maître du quotidien. »
Nocturnes et chaînes invisibles
Les témoignages recueillis entre juillet 2025 et mars 2026 évoquent des arrestations menées de nuit, transport des détenus les yeux bandés, et détention dans divers centres gérés par le CNC. Les victimes n’avaient ni mandat, ni accès à une assistance juridique, révélant une pratique inquiétante d’exception dans le fonctionnement de l’État.
Jean-Claude Bukasa, directeur du CNC, affirme pourtant que l’institution « ne dispose d’aucun pouvoir d’arrestation ni de détention », jetant un doute sur la responsabilité réelle des acteurs impliqués.
Libertés publiques en sursis
Ce rapport relance les craintes des organisations de défense des droits humains sur l’érosion des libertés publiques en RDC. Entre surveillance accrue et détentions secrètes, la capitale apparaît comme un espace où l’État exerce un contrôle opaque sur les voix critiques.
Le juriste et défenseur des droits humains Amartya Sen rappelait : « La liberté politique est le premier pilier de la justice sociale. » À Kinshasa, ce pilier semble aujourd’hui fragilisé, et la société civile se retrouve face à l’urgence de protéger ceux qui osent parler.
Silence et vigilance
Human Rights Watch exhorte les autorités à respecter les droits fondamentaux et à garantir transparence et responsabilité. Dans une capitale où le silence pèse comme une chape, chaque voix retrouvée et chaque disparu rendu à sa famille devient un acte de résistance et d’espoir.
Okapi / VF7, via voltefaceinfos7.com