Kinshasa muselée : la marche de Kabund stoppée aux portes de la ville

À la veille d’une mobilisation annoncée comme un cri pour l’Est meurtri, l’autorité urbaine a fermé la rue à la gauche congolaise. Entre arrêté administratif, violence politique et revendication démocratique, la capitale devient le théâtre d’une tension sourde.
Une marche annoncée, une ville verrouillée
La marche pacifique prévue lundi 15 décembre à Kinshasa par la coalition de la gauche congolaise, conduite par l’opposant Jean-Marc Kabund, n’aura pas lieu. Le gouverneur de la ville a formellement interdit la manifestation, invoquant un arrêté provincial qui proscrit les rassemblements publics dans certaines zones de la capitale.
Dans une correspondance officielle accusant réception de la demande introduite par la plateforme de l’opposition, l’hôtel de ville souligne que l’itinéraire projeté traverse une zone interdite, conformément à l’arrêté SC/329/CAB/GVK/GVM/2021 du 30 septembre 2021.
L’Est en toile de fond, le dialogue en horizon
La marche visait à dénoncer l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, où les violences armées continuent de faucher des civils, et à exiger l’ouverture d’un dialogue national inclusif. Pour ses organisateurs, il s’agissait moins d’un défilé que d’un signal politique, un appel à replacer la crise sécuritaire au cœur du débat national.
Un leader blessé, un symbole heurté
Le climat entourant cette mobilisation s’est brusquement assombri samedi dernier. Jean-Marc Kabund a été attaqué et blessé à la tête au quartier Camp Luka, dans la commune de Ngaliema, par des individus armés d’armes blanches, alors qu’il s’apprêtait à tenir un meeting de mobilisation.
Sur le réseau social X, l’ancien député national a dénoncé une agression qu’il interprète comme le signe d’un durcissement du régime, affirmant que « la tyrannie a atteint son paroxysme ».
Libertés sous tension, capitale en alerte
Cette interdiction ravive un débat ancien à Kinshasa : jusqu’où l’ordre public peut-il restreindre la liberté constitutionnelle de manifester? Pour l’opposition, l’argument administratif masque une volonté politique de contenir la contestation. Pour les autorités, il s’agit d’un impératif sécuritaire.
Entre arrêtés, matraques invisibles et revendications citoyennes, Kinshasa apparaît une fois encore comme une ville-frontière, où la rue devient le miroir des fractures nationales.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfos7.com

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