La peur avait envahi les réseaux sociaux et les conversations de rue. Mais après vérification, la police affirme que les cas de kidnappings récemment signalés à Kinshasa ne reposent sur aucun enlèvement confirmé. Les autorités
sécuritaires parlent désormais de « fausses alertes », voire de véritables mises en scène. La conclusion est ressortie d’une réunion stratégique présidée par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qui a rassemblé les responsables de la sécurité de la capitale de la République démocratique du Congo afin d’évaluer la situation sécuritaire et répondre à l’inquiétude grandissante de la population.
La peur dégonflée par l’enquête
Selon le porte-parole de la Police nationale congolaise, les investigations menées sur les dossiers signalés n’ont pas permis de confirmer l’existence de véritables enlèvements. Le commissaire divisionnaire adjoint Julien Mavungu explique : « Tous les cas documentés se sont révélés être de fausses alertes, voire des mascarades. »
Pour les services de sécurité, plusieurs signalements présentaient des incohérences, notamment lorsque des familles déclaraient une disparition avant de cesser toute collaboration avec les enquêteurs.
La capitale sous vigilance sécuritaire
Au-delà de la question des kidnappings, la réunion sécuritaire a passé en revue plusieurs préoccupations liées à la criminalité urbaine : braquages signalés dans certains quartiers, visites domiciliaires suspectes et tensions liées aux embouteillages chroniques qui compliquent la mobilité dans la métropole.
Dans cette ville tentaculaire de plus de quinze millions d’habitants, chaque rumeur d’enlèvement peut rapidement provoquer une onde de panique collective. Comme le rappelait le sociologue Gustave Le Bon : « Dans les foules, l’émotion se propage plus vite que la vérité. »
L’État appelle à la responsabilité collective
Face à la multiplication des rumeurs, le gouvernement a exhorté les forces de défense et de sécurité notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo et la Police nationale à renforcer les mesures de prévention et de contrôle. Les autorités invitent également les habitants de Kinshasa à coopérer avec les services de sécurité et à signaler tout acte susceptible de troubler l’ordre public.
Dans une capitale où les inquiétudes sécuritaires peuvent rapidement embraser l’opinion, les autorités tentent aujourd’hui de rétablir la confiance en rappelant que la vigilance doit s’accompagner de responsabilité. Comme l’écrivait le philosophe Michel Foucault :
« La sécurité n’est jamais seulement une affaire de force, mais aussi de vérité. » Et à Kinshasa, entre rumeurs numériques et réalités urbaines, la vérité demeure désormais un enjeu essentiel pour préserver la sérénité publique.
Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.com