Dans le groupement de Bena Nselenge, territoire de Dimbelenge, au Kasaï-Central, la famille régnante dénonce avec gravité ce qu’elle qualifie d’« ingérences obscures » de certaines autorités provinciales et locales dans la gestion de la succession coutumière. Une situation jugée préoccupante, alors que les tensions autour de la désignation des chefs coutumiers continuent d’alimenter des divisions profondes au sein de la communauté.
Selon les acteurs coutumiers concernés, des interventions administratives et sécuritaires auraient contribué à maintenir ou soutenir des responsables contestés par les lignées traditionnelles. Ces pratiques sont perçues comme une violation du principe fondamental consacré par la loi n°15/015 du 25 août 2015, qui reconnaît la coutume comme base de désignation des chefs coutumiers, sous réserve de reconnaissance par l’autorité publique.
Une légitimité coutumière en tension
Au cœur du différend se trouve la contestation de la légitimité de certains chefs de groupement, accusés par des familles régnantes d’avoir été maintenus en fonction en dehors des procédures coutumières établies. Cette situation est présentée comme une rupture de l’équilibre traditionnel, historiquement fondé sur la transmission lignagère et la reconnaissance communautaire.
Les familles régnantes estiment que le processus de désignation aurait été détourné de son cadre culturel, transformant une institution ancestrale en enjeu d’influence administrative. Elles dénoncent également une confusion croissante entre autorité coutumière et pouvoir administratif local.
Soupçons d’interférences institutionnelles
Des accusations portent sur l’implication présumée de certaines autorités provinciales et territoriales dans des mécanismes de validation contestés. Ces interventions, perçues comme non neutres, alimentent un climat de méfiance et de crispation entre les différentes parties.
Dans ce contexte, la présence ou l’appui supposé de dispositifs sécuritaires dans la gestion du conflit est également critiqué, car il accentuerait la perception d’un déséquilibre institutionnel dans un différend relevant initialement du droit coutumier.
Appel à l’autorité nationale
Face à l’enlisement de la situation, la famille régnante de Bena Nselenge sollicite l’implication urgente des autorités nationales afin de garantir le respect strict de la loi et des procédures coutumières. Elle demande une intervention impartiale susceptible de restaurer ses droits légitimes et de rétablir la confiance entre les institutions coutumières et l’État.
Cet appel vise également à prévenir une escalade du conflit vers des tensions plus larges susceptibles d’affecter la stabilité sociale du territoire et, au-delà, de fragiliser l’équilibre communautaire dans cette partie du pays.
Un enjeu de stabilité locale
Au-delà du cas spécifique de Bena Nselenge, cette situation met en lumière la nécessité d’une clarification rigoureuse du rôle des autorités administratives dans les affaires coutumières. L’absence de séparation claire entre arbitrage institutionnel et influence locale risque, selon les acteurs concernés, d’alimenter des conflits récurrents et de fragiliser durablement la cohésion sociale.
Dans ce contexte sensible, les parties prenantes appellent à un retour à l’équilibre institutionnel, où la coutume est respectée comme socle de légitimité, dans un cadre légal garantissant la neutralité de l’État.
Didier BOFATSH / voltefaceinfos7.com
