Ituri : 3 millions de dollars pour désarmer la guerre et réapprendre la paix

Une enveloppe de 3 160 000 USD vient d’être mobilisée pour appuyer la réinsertion des ex-miliciens et le retour des déplacés dans les territoires de Djugu, Irumu et Mahagi, en Ituri. Entre désarmement, cohésion sociale et transition sécuritaire, le pari est immense : transformer d’anciens foyers de violence en laboratoires de paix durable.

L’argent pour éteindre les armes

Lancé à Bunia, le programme financé par le Fonds de cohérence cible la stabilisation de zones longtemps fracturées par les conflits armés. Les territoires de Djugu, Irumu et Mahagi concentrent l’essentiel des efforts.

L’initiative appuie le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRC-S) et accompagne la transition de la MONUSCO. Il s’agit moins de distribuer des fonds que de reconstruire un tissu social effiloché.

Réinsérer pour réconcilier

Piloté par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), aux côtés de l’Organisation internationale pour les migrations, d’ONU Femmes, de l’UNICEF et du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, le projet mise sur la réintégration socioéconomique des ex-combattants.

« Promouvoir un climat de cohabitation et de cohésion sociale », a insisté Axel Kotoga, responsable du PNUD à Bunia. La paix ne se décrète pas : elle se tisse, fil après fil, entre communautés blessées.

Transformer la peur en avenir

Le retour des déplacés constitue l’autre pilier du programme. Redonner un toit, restaurer la confiance, recréer des moyens de subsistance : autant d’actes concrets pour convertir l’ancienne économie de guerre en dynamique de développement local. Comme l’écrivait Johan Galtung : « La paix durable ne se limite pas à l’absence de violence, elle suppose la justice sociale. » En Ituri, l’équation est claire : sans inclusion, pas de stabilité.

Dans une province encore marquée par l’activisme de groupes armés, ces 3 millions USD représentent bien plus qu’un financement : ils incarnent une tentative de métamorphose collective. Car, selon Nelson Mandela, « la paix n’est pas seulement l’absence de conflit, mais la création d’un environnement où tous peuvent prospérer ». En Ituri, la paix cherche désormais un visage durable et peut-être, enfin, un avenir partagé.

Okapi / VF7, voltefaceinfos7.com

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