Le Gouvernement de la République démocratique du Congo intensifie la sécurisation financière du programme de gratuité des accouchements et des soins néonatals. Lancé le 5 septembre 2023, ce dispositif a déjà permis la prise en charge de plusieurs millions de femmes et de nouveau-nés grâce à un financement combiné du Trésor public et du Programme Multisectoriel de Nutrition et Santé appuyé par la Banque mondiale.
Le Président Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo a chargé la Première ministre Judith Suminwa Tuluka de consolider les mécanismes de financement afin d’éviter les arriérés de paiement aux structures sanitaires et garantir la continuité du programme.
La discipline budgétaire comme fondation de la politique sociale
Pour les théoriciens de la rigueur budgétaire, la soutenabilité financière est une condition de crédibilité de l’action publique. James Buchanan, fondateur de l’école du choix public, soulignait que les dépenses publiques doivent être encadrées pour éviter l’endettement intergénérationnel.
Dans cette logique, sécuriser le financement du programme revient à stabiliser un engagement social de long terme. La protection maternelle ne peut être efficace que si les flux budgétaires sont prévisibles.
La santé publique comme investissement social
Du point de vue des sciences de la santé publique, la gratuité des soins maternels répond à une logique de prévention. Geoffrey Rose défendait l’idée que la médecine moderne doit privilégier les interventions populationnelles plutôt que la seule prise en charge curative.
Réduire la mortalité maternelle et néonatale s’inscrit ainsi dans la théorie du capital humain développée par Gary Becker, selon laquelle la santé améliore la productivité économique et le développement humain.
La coopération internationale comme levier
L’implication de partenaires techniques et financiers reflète l’approche de gouvernance globale décrite par Amartya Sen, qui lie développement, liberté et accès aux services essentiels. La politique sanitaire congolaise se situe à la frontière de deux impératifs : la solidarité sociale et la soutenabilité financière. Comme le rappelait Rose : « Prévenir vaut mieux que guérir à grande échelle ».
La question centrale demeure : comment garantir que la gratuité des soins, symbole d’humanisme politique, repose sur une architecture budgétaire suffisamment robuste pour résister aux chocs économiques futurs ?
Opinion infos / VF7, via voltefaceinfos7.com