Au cœur du Nord-Kivu, la réouverture même partielle de l’aéroport de Goma est jugée urgente par les acteurs humanitaires, mais elle reste conditionnée à des garanties sécuritaires, techniques et politiques dans un contexte marqué par l’instabilité liée au conflit avec le M23.
La réouverture de l’aéroport international de Goma est encouragée par le coordonnateur résident et humanitaire en République démocratique du Congo, Bruno Lemarquis. Selon lui, même limitée aux vols humanitaires, elle permettrait de faciliter considérablement l’acheminement de l’aide dans une zone difficilement accessible depuis la fermeture de l’infrastructure en janvier 2025.
Un accès humanitaire fortement contraint
Depuis la fermeture de l’aéroport, les organisations humanitaires sont contraintes d’emprunter des itinéraires alternatifs via des pays voisins. Cette situation allonge les délais, augmente les coûts logistiques et réduit la rapidité d’intervention, notamment pour les urgences médicales et les opérations de secours.
Des besoins logistiques essentiels
La réouverture permettrait de fluidifier l’acheminement de biens critiques tels que les médicaments, les vaccins et le matériel médical. Dans un environnement où les besoins sont constants, la disponibilité d’un accès aérien direct constitue un facteur déterminant pour l’efficacité des interventions humanitaires.
Une reprise conditionnée à la sécurité
Toute réouverture reste néanmoins subordonnée à des conditions strictes. Les autorités et partenaires impliqués insistent sur la nécessité de garanties sécuritaires solides, en plus d’exigences techniques et administratives liées à la gestion de l’espace aérien et des opérations aéroportuaires. Sans stabilisation minimale, la reprise des vols demeure incertaine.
Un enjeu intégré aux discussions de paix
La question de l’aéroport pourrait être intégrée aux pourparlers en cours entre les différentes parties prenantes au conflit, dans des cadres de médiation internationale. Elle s’inscrit ainsi dans une logique plus large de désescalade et de restauration progressive des infrastructures vitales.
Des signaux limités de reprise
Des mouvements ponctuels, comme l’atterrissage récent d’un hélicoptère de la MONUSCO, indiquent une reprise très progressive des activités aériennes. Ces initiatives, bien que symboliques, témoignent d’une possible évolution vers une réouverture encadrée.
La réouverture de l’aéroport de Goma apparaît comme un levier clé pour améliorer l’accès humanitaire et soutenir les populations affectées. Toutefois, sa concrétisation dépend d’un équilibre fragile entre impératifs de sécurité, avancées politiques et coordination technique. Dans ce contexte, l’enjeu ne se limite pas à une infrastructure : il s’agit d’un point d’articulation entre assistance, stabilité et dynamique de paix dans l’est de la RDC.
Okapi / VF7