Mercredi soir, Goma a perdu une voix. Magloire Paluku, ancien journaliste devenu conseiller culturel de l’AFC-M23, a été criblé de balles devant sa maison au quartier Himbi. La ville s’est tue, mais les armes racontent encore.
Les murs de sa résidence sont des strophes brisées. Les balles ont frappé sa chair, mais aussi la mémoire d’un peuple piégé entre la peur et l’injustice. Paluku n’était pas seulement un homme : il était lien fragile entre culture, rébellion et humanité. Ancien du ministère de la Culture, proche des cercles de l’AFC-M23, il incarnait ce que l’Est de la RDC perd à chaque assassinat ciblé.
Si un cadre influent peut tomber au cœur de son territoire, que devient alors le « petit peuple » ? Les civils vivent sous menace permanente, vulnérables aux représailles, aux exécutions et aux déplacements forcés. Les rues de Goma deviennent métaphore de l’impuissance : tribunal invisible et tombeau collectif.
La justice nationale reste muette, la CPI distante. L’impunité se poursuit, et la fragilité de la République éclate dans chaque maison, chaque ruelle. L’assassinat de Paluku est miroir et théâtre : miroir de nos valeurs, théâtre de nos impuissances. La ville pleure en silence, et le monde regarde, impuissant.