Goma : le ciel s’ouvre, la paix vacille

Goma a vu revenir un avion avant de voir revenir la confiance. L’arrivée de la cheffe intérimaire de la MONUSCO, Vivian van de Perre, marque la première brèche aérienne depuis des mois. Un appareil fend le ciel, et c’est toute l’architecture fragile du cessez-le-feu qui retient son souffle. Officiellement, il s’agit d’un appui technique au mécanisme EJVM+ de la CIRGL, adossé à la résolution 2808 (2025). En réalité, c’est un test de crédibilité.

Le ciel comme manifeste

Un avion peut être un manifeste. Revenir par les airs, c’est signifier que le terrain n’est pas abandonné. Mais comme le rappelait Clausewitz, « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Ici, la politique tente de reprendre la main sur la guerre. La présence devient message : l’ONU refuse la marginalisation.

La technique sous tension

Le mécanisme de suivi du cessez-le-feu promet vérification, coordination, rigueur. Pourtant, la paix ne se décrète pas par circulaire. Spinoza avertissait : « La paix n’est pas l’absence de guerre, mais une vertu. » Sans volonté des belligérants, le dispositif risque de compter les violations plutôt que de les prévenir. La mécanique institutionnelle ne vaut que par la confiance qu’elle inspire.

Souveraineté en filigrane

La MONUSCO insiste sur le respect de la souveraineté congolaise. Ce n’est pas un détail lexical, mais une ligne de crête politique. Dans un climat de défiance, chaque mot pèse. L’ingérence est un spectre, la légitimité un équilibre instable. Appuyer sans s’imposer : l’équation est délicate.

Diplomaties croisées

Washington, Doha, Addis-Abeba : derrière Goma, le monde observe. Les engagements extérieurs cherchent une traduction concrète sur le sol volcanique du Nord-Kivu. La mission devient carrefour géopolitique, où la paix locale dépend d’alliances globales.

La vérité demeure brutale : si le mécanisme produit des effets tangibles, il renforcera la confiance ; sinon, il accélérera l’érosion. « La confiance n’exclut pas le contrôle », disait Lénine. À Goma, le contrôle commence ; la confiance reste à construire.

Et peut-être faut-il se souvenir de Victor Hugo : « L’avenir est une porte, le passé en est la clé. » Le ciel s’est rouvert. Reste à savoir si la paix saura atterrir.

MSN / VF7, via voltefaceinfos7.com

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