Goma : L’Afrique exige la vérité au cœur de la tempête

La frappe de drone signalée à Goma continue de provoquer une onde de choc diplomatique. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa profonde préoccupation après cette attaque qui a coûté la vie à des civils, dont une employée de l’UNICEF, dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Dans un communiqué publié jeudi, l’organisation panafricaine condamne toute attaque mettant en danger les civils et les travailleurs humanitaires et appelle à une enquête indépendante afin d’éclairer les circonstances de cet incident survenu dans la capitale provinciale du Nord-Kivu.

« La Commission de l’Union africaine réaffirme l’impératif pour toutes les parties de faire preuve de retenue et d’assurer la protection des civils et des acteurs humanitaires », souligne le communiqué.

Les drones au-dessus de la ville

La frappe sur Goma marque une escalade inquiétante dans un conflit déjà marqué par des années de violences. Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, l’attaque aurait causé au moins trois morts et plusieurs blessés.

Le gouvernement congolais, après un silence initial, a annoncé l’ouverture d’enquêtes pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube. Le stratège militaire Carl von Clausewitz observait que « la guerre possède sa propre logique d’escalade ». À Goma, cette logique semble désormais s’étendre jusqu’au ciel.

L’humanitaire pris dans la ligne de feu

L’attaque relance également les inquiétudes concernant la sécurité des organisations humanitaires. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait pourtant signalé une baisse des incidents en janvier 2026.

Selon l’organisation, 37 incidents visant des acteurs humanitaires ont été enregistrés ce mois-là dans l’est du pays, contre 48 en décembre 2025. L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan rappelait : « La protection des civils doit rester au cœur de toute action internationale. »

La diplomatie face à l’urgence

Avant même ces événements, plusieurs puissances dont la France, la Belgique, l’Union européenne et les États-Unis avaient exprimé leur inquiétude face aux violations répétées des cessez-le-feu garantis par les Accords de Washington et par les engagements pris lors des discussions de Doha.

Ces États dénoncent notamment l’utilisation de drones dans les opérations militaires, estimant qu’elle met gravement en danger les populations civiles.

La paix suspendue aux enquêtes

Face à cette escalade, l’Union africaine insiste sur la nécessité d’une enquête impartiale et réaffirme son engagement à soutenir une solution politique durable au conflit. Car, malgré les initiatives diplomatiques menées avec l’appui de l’Union africaine, les tensions persistent entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Le chercheur en études de paix Johan Galtung écrivait : « La paix véritable naît lorsque les causes profondes de la violence sont traitées. » À Goma, ville meurtrie mais debout, l’urgence n’est plus seulement d’arrêter les bombes : elle est de faire triompher la vérité et la paix sur les cendres de la guerre.

Actualite.cd / VF7, via voltefaceinfos7.com

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