La communauté internationale hausse le ton après les explosions meurtrières survenues à Goma, dans l’est de la
République Démocratique du Congo. Dans un communiqué ferme, le Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères souvent appelé le Quai d’Orsay a condamné les violences visant les civils et les travailleurs humanitaires, rappelant l’obligation absolue de respecter le droit international humanitaire.
Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, les explosions auraient déjà causé au moins trois morts, dont une employée de l’UNICEF. Le gouvernement congolais, après un silence initial, a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes de ces attaques qui ravivent la peur dans une ville déjà éprouvée par des années de conflit.
« Nous condamnons fermement toute violence contre les travailleurs humanitaires et les populations civiles », a déclaré la diplomatie française, appelant à un cessez-le-feu « effectif et vérifiable ».
La guerre frappe les mains qui soignent
L’attaque contre Goma ravive une inquiétude majeure : la sécurité des travailleurs humanitaires. Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait observé une baisse des incidents en janvier 2026, cette nouvelle flambée de violence rappelle la fragilité du terrain humanitaire.
Selon l’OCHA, 37 incidents visant des acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est du pays en janvier, contre 48 en décembre 2025. Le diplomate et ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan rappelait : « Les travailleurs humanitaires ne sont pas des cibles ; ils sont les gardiens de notre humanité commune. »
Les cessez-le-feu qui se fissurent
Bien avant les explosions de Goma, une coalition internationale comprenant notamment la Belgique, la France, l’Union européenne, le Royaume-Uni et les États-Unis avait exprimé son inquiétude face aux violations répétées des accords de cessez-le-feu. Ces engagements diplomatiques, issus notamment des Accords de Washington et des discussions de Doha, devaient marquer une étape vers une cessation durable des hostilités. Pourtant, sur le terrain, les armes continuent de parler.
La diplomatie face aux drones
Les États du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs dénoncent notamment l’utilisation de drones dans les opérations militaires, une évolution technologique qui accentue les risques pour les civils.
Le stratège Carl von Clausewitz écrivait : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Mais dans l’Est congolais, cette politique semble parfois se perdre dans l’escalade militaire.
Une paix encore suspendue
Malgré les efforts diplomatiques soutenus par l’Union africaine, les processus de médiation menés à Washington et à Doha peinent encore à produire des résultats concrets. Les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23, continuent d’alimenter l’instabilité régionale.
Car, comme l’écrivait le penseur de la paix Johan Galtung : « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais la présence de justice. » Dans les rues meurtries de Goma, cette vérité résonne aujourd’hui comme un impératif urgent : transformer les promesses diplomatiques en réalité pour les populations qui vivent, chaque jour, au bord de l’abîme.
Actualite.cd / VF7, via voltefaceinfos7.com