Goma : Humanitaire française tuée, Macron exige protection

Deux explosions attribuées à des drones ont visé un quartier résidentiel de Goma, causant la mort d’au moins trois personnes, dont une humanitaire française de l’UNICEF. Le président français Emmanuel Macron a confirmé le décès et lancé un appel au respect du droit international humanitaire.

La nuit a été déchirée par deux détonations au-dessus de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu. Entre mardi soir et l’aube de mercredi, plusieurs sources locales ont signalé des frappes attribuées à des drones visant un quartier résidentiel de la ville. Selon le mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars, qui contrôle la ville, l’attaque a fait au moins trois morts.

Parmi les victimes figure une humanitaire française travaillant pour UNICEF. Sa mort a été confirmée par le président français Emmanuel Macron, qui a adressé à sa famille « le soutien et l’émotion de la Nation » dans un message publié sur le réseau social X. Dans la même déclaration, il a appelé au respect du droit international humanitaire et à la protection des personnels humanitaires.

La nuit fracassée de Goma

Selon des témoignages sur place, deux drones ont survolé la ville. L’un serait tombé dans le lac Kivu, tandis que l’autre a frappé une habitation dans le quartier Katindo, provoquant des dégâts importants dans les maisons voisines.

La commissaire européenne à l’aide humanitaire, Hadja Lahbib, a fermement condamné l’attaque : « Les travailleurs humanitaires ne doivent jamais être pris pour cibles ».

Un quartier au cœur des spéculations

Le complexe touché se situe à proximité de plusieurs résidences de personnalités politiques et de responsables locaux, à une centaine de mètres de la maison d’Olive Lembe di Sita, épouse de l’ancien président Joseph Kabila. Aucune preuve n’indique toutefois que ces personnalités étaient visées.

La guerre des accusations

L’Alliance Fleuve Congo et le Mouvement du 23 mars accusent Kinshasa d’être l’auteur de la frappe. Les autorités congolaises n’ont pas confirmé. Des équipes du mécanisme conjoint de vérification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo sont intervenues pour examiner les lieux.

L’humanitaire au cœur du danger

Dans les conflits modernes, les travailleurs humanitaires évoluent souvent à la frontière fragile entre secours et danger. La philosophe Hannah Arendt rappelait que « la violence peut détruire le pouvoir, mais elle ne peut jamais le créer ».

La mort d’une humanitaire française à Goma rappelle une vérité brutale : même ceux qui viennent sauver des vies ne sont plus à l’abri des armes de la guerre. Comme l’écrivait Albert Camus, « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». À Goma, certains donnent leur présent pour protéger les plus vulnérables, au risque d’y laisser leur vie.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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