Genève sous haute tension : Diplomatie de la dernière chance sur les ruines du Donbass

Russes, Ukrainiens et Américains ouvrent à Genève une nouvelle séquence de négociations pour tenter d’arracher une issue à quatre années de guerre déclenchées par l’invasion russe de 2022. Après l’impasse des discussions aux Émirats arabes unis, l’heure n’est plus aux gestes symboliques mais aux lignes rouges assumées. Au cœur du blocage : le Donbass. Moscou exige le retrait ukrainien des zones encore contrôlées à Donetsk. Kiev refuse. La paix bute sur la géographie.

Le Donbass, plaie ouverte

Le bassin industriel de l’Est est devenu plus qu’un territoire : un totem stratégique. Pour le Kremlin, il s’agit d’entériner un rapport de force. Pour Kiev, céder serait consacrer l’amputation. « Les guerres se terminent quand les objectifs politiques sont atteints ou abandonnés », rappelait Carl von Clausewitz. Aucun camp ne semble prêt à renoncer.

Washington, chef d’orchestre impatient

Donald Trump presse les délégations d’aboutir. Autour de lui gravitent Steve Witkoff et Jared Kushner, envoyés pour accélérer le tempo diplomatique. L’objectif américain : transformer l’usure militaire en capital politique. La pression publique devient instrument de négociation.

Moscou, paix durable ou pause tactique ?

Le vice-ministre Sergueï Riabkov évoque des « questions vastes ». Le Kremlin parle d’accord « durable ». Mais durable selon quels termes ? La Russie veut traiter « les causes profondes », dont l’aspiration ukrainienne à rejoindre l’Otan. Derrière le mot paix, une redéfinition stratégique de l’espace post-soviétique.

Kiev, méfiance armée

Volodymyr Zelensky doute de la sincérité russe, pointant la poursuite des frappes. Pour lui, seule « une pression suffisante » peut rendre la paix crédible. Comme l’écrivait Raymond Aron : « La paix n’est jamais l’absence de guerre, mais un équilibre de volontés. »

La signification cachée de Genève est limpide : chacun négocie sans cesser de combattre. La table devient un prolongement du front. La diplomatie ne remplace pas la guerre ; elle la reconfigure.

Clausewitz avertissait : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » À Genève, c’est peut-être l’inverse qui se joue : la politique tente de survivre aux moyens de la guerre. Reste à savoir si les mots pèseront enfin plus lourd que les armes.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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