À Kinshasa, une tendance urbaine inquiétante s’est enracinée : l’implantation de garages le long des artères principales. Ce phénomène, qui transforme les trottoirs en ateliers improvisés, contraint les piétons à circuler sur les chaussées, exposés à des accidents répétés, tout en aggravant les embouteillages et le mauvais stationnement des véhicules en réparation.
L’espace public dérobé aux citoyens
Les garages installés sur les artères usurpent l’espace normalement dévolu aux piétons. Comme le souligne Jan Gehl, urbaniste danois renommé : « La qualité d’une ville se mesure à sa capacité à offrir des espaces sûrs et conviviaux pour les piétons. » À Kinshasa, cette qualité est compromise, et la circulation piétonne devient un défi quotidien, exposant les citoyens à des risques évitables.
Embouteillages et stationnement anarchique
La présence de véhicules en réparation sur la chaussée réduit le flux normal de circulation et crée des embouteillages persistants. Selon David Banister, spécialiste en transport urbain : « Lorsque les infrastructures ne sont pas adaptées à la demande, le chaos routier et les pratiques informelles deviennent inévitables. » À Kinshasa, l’absence d’espaces dédiés aux garages urbains force cette improvisation et met en tension le réseau routier.
Tolérance institutionnelle et déficit de planification
La persistance de ce phénomène est renforcée par une tolérance souvent agaçante des autorités communales. Jane Jacobs rappelle que « la vie de la rue dépend autant de l’entretien des règles que de la participation citoyenne. » La faiblesse du contrôle municipal, combinée au manque de politiques urbaines structurantes, encourage l’implantation anarchique de ces garages.
Vers des solutions intégrées
Pour limiter ces externalités négatives, il faut envisager :
- la création de zones urbaines dédiées à l’entretien et à la réparation des véhicules ;
- le renforcement du contrôle communal et de la régulation urbaine ;
- l’aménagement de trottoirs sûrs et continus pour les piétons.
En conclusion, les garages improvisés le long des artères ne sont pas seulement un problème de mobilité : ils sont le miroir d’un déficit de planification, d’une tolérance institutionnelle et de la pression d’une ville en expansion rapide. Comme le résume Carlos Moreno : « La ville durable est celle qui réconcilie circulation, sécurité et espace citoyen. » Kinshasa est encore en chemin.
Didier BOFATSHI