En temps de guerre, le pouvoir se resserre comme un poing. Mais peut-on frapper l’ennemi au dehors en ignorant les fissures au dedans ? Le rejet du dialogue inclusif, défendu au nom de l’efficacité, ravive une question cardinale : l’autorité verticale suffit-elle à faire nation sous le feu ?
L’urgence d’abord, le débat ensuite ?
Dans les heures sombres, l’État privilégie la vitesse. Décider vite, parler d’une seule voix, discipliner les rangs. Le discours de Mbata s’inscrit dans cette grammaire de l’urgence : l’unité décrétée, la concertation différée. La guerre, dit-on, n’attend pas les palabres.
Le faux dilemme
Pourtant, opposer autorité et inclusivité relève d’un raccourci. L’histoire rappelle une constante : aucune guerre durable ne se gagne sans un socle de consensus intérieur. Sans adhésion minimale, l’effort militaire se délite, la légitimité s’effrite, l’ennemi écoute.
La verticalité, efficace mais fragile
La chaîne de commandement accélère l’action. Elle n’assure pas l’adhésion. Dans des États marqués par la défiance, l’autorité sans dialogue peut sonner comme une sommation. L’unité proclamée devient slogan ; la cohésion, variable.
Le risque d’une guerre du pouvoir
Refuser la concertation, c’est courir le risque de transformer une guerre nationale en combat partisan. À l’intérieur, les fractures s’approfondissent ; à l’extérieur, la crédibilité diplomatique s’amenuise. La force brute gagne des batailles, pas toujours la paix.
Articuler, non opposer
Autorité et dialogue ne sont pas ennemis. Encadrée, la concertation stabilise. Sans cadre, elle disperse. L’enjeu n’est pas de choisir, mais d’assembler : décider vite, écouter juste. Car une nation ne se commande pas seulement ; elle se convainc.
Didier BOFATSHI