Grève en ébullition, écoles en silence
Depuis un mois et demi, le Gabon vit au rythme d’un silence assourdissant dans les classes, paralysé par la grève des enseignants. SOS Éducation ouvre une porte : acceptation du médiateur désigné par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Jean Gaspard Ntoutoume Ayi souligne : « Entre le gouvernement et SOS Education, le fil de la discussion était rompu. La nécessité d’avoir un médiateur s’est présentée. » Le dialogue renaît, mais la tension reste palpable.
Libération des captifs : prérequis pour la paix
Le mouvement ne négociera que si Marcel Libama et Simon Ndong Edzo sont libérés. Professeur Mayima insiste : « Nous voulons aussi que le gouvernement tende la main, en libérant les prisonniers afin que nous rentrions en négociation. » La liberté devient ici le sésame symbolique de la reprise, la condition sine qua non pour transformer la colère en dialogue.
Neuf mains, une seule voix
SOS Éducation, mouvance spontanée, désigne neuf négociateurs, un pour chaque province. Honorine Angue Mintsa explique : « Nous avons une main qui nous a été tendue pour commencer les négociations de protocole de sortie de crise. » Chaque délégué devient une voix de la base, incarnant la cohésion et la discipline collective d’un mouvement dispersé mais déterminé.
Le gouvernement sous pression
Malgré la volonté de dialogue, le ministre Carmélia Ntoutoume Leclerq multiplie les réunions avec les chefs d’établissement pour prévenir une année blanche. La scène traduit un équilibre délicat entre pression sociale et responsabilité étatique, un vrai test de gouvernance et de négociation.
La grève des enseignants gabonais illustre un paradoxe : la colère populaire coexiste avec l’espoir de dialogue. La question centrale demeure : le gouvernement saura-t-il tendre la main et libérer les captifs pour que la cloche des écoles résonne à nouveau ? Comme le résume Robert Jervis : « La perception des menaces et des soutiens influence le comportement plus que les facteurs objectifs. » La liberté devient ici la clé pour transformer le silence des salles de classe en élan pour l’avenir de l’éducation gabonaise.
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com