À Kinshasa, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, a dressé devant le Conseil des ministres un tableau rassurant : l’inflation hebdomadaire ralentit à 0,11 % contre 0,15 % la semaine précédente. Le cumul annuel s’établit à 1,27 %, et l’inflation en glissement annuel demeure contenue à 2,18 %, loin des 10,64 % observés un an plus tôt.
Le franc congolais, lui, se maintient sur les marchés interbancaire et parallèle, avec des variations limitées. Les prix des produits de base restent stables — un signal fort pour la production et la consommation.
La Désinflation maîtrisée
Pour Milton Friedman, « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ». La décélération observée traduit donc une politique monétaire plus rigoureuse, conjuguée à une gestion prudente de la liquidité.
À l’inverse des spirales inflationnistes passées, la BCC semble contenir les anticipations. John Maynard Keynes rappelait que la stabilité des prix conditionne la confiance et l’investissement. Une inflation maîtrisée réduit l’incertitude et favorise la planification économique.
Le Taux de Change comme Baromètre
La relative stabilité du franc congolais illustre ce que Robert Mundell analysait dans la théorie des zones monétaires optimales : la crédibilité monétaire est un actif stratégique. Le rappel du gouverneur sur la perception des impôts et taxes en monnaie nationale participe de cette logique. Dé-dollariser partiellement l’économie renforce la demande de franc congolais et soutient sa valeur.
L’Or, ancrage stratégique
La signature d’un contrat avec DRC Gold Trading pour constituer des réserves d’or raffiné répond à une approche classique de consolidation des réserves. Pour Barry Eichengreen, la crédibilité monétaire repose aussi sur la solidité des actifs de réserve. L’or agit ici comme assurance face aux chocs externes.
Au-delà des chiffres, le message est politique : consolider la souveraineté monétaire.
Comme l’écrivait Keynes, « la stabilité est une condition préalable à la prospérité ». Si la discipline budgétaire et monétaire se maintient, la RDC pourrait transformer cette accalmie statistique en ancrage durable. Car en économie, la confiance n’est pas un slogan : elle est une construction patiente, nourrie de cohérence et de constance.
Opinion infos / VF7, via voltefaceinfos7.com