Sous la pression des FARDC et confrontés à des conditions de vie insoutenables, les combattants de l’AFC-M23 et de ses alliés déposent massivement les armes à Fizi. Une reddition qui révèle autant l’épuisement interne des
rebelles que la montée en puissance des forces loyalistes dans le Sud-Kivu.
Acculés sur le terrain, les ex-rebelles ont choisi de se rendre aux forces de l’État, espérant échapper à la pression militaire et aux conditions de vie difficiles au sein de leurs rangs. Présentés officiellement à Mikenge, ils ont été accueillis par le colonel Apoko Bangala Michel, commandant ad intérim du secteur opérationnel Sukola 2 Sud.
« Certains affirment avoir abandonné les rangs en raison des mauvaises conditions de vie et des traitements difficiles », précise le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan.
Un arsenal abandonné, un symbole de défaite
Les combattants venaient principalement de Minembwe-Centre et ont remis un lot d’armes impressionnant : fusils d’assaut AK-47, mitrailleuses PKM, lance-roquettes RPG-7. Chaque arme déposée illustre l’ampleur de leur engagement antérieur dans les hostilités et le coût humain de cette rébellion.
Pression militaire et fractures internes
Selon le commandement de Sukola 2 Sud, cette vague de redditions résulte autant de la montée en puissance des opérations militaires des FARDC que des tensions internes au sein des groupes rebelles. Morale en berne, discipline fragile et conditions de vie précaires ont poussé de nombreux combattants à quitter la rébellion.
Contexte sécuritaire toujours tendu
Le Sud-Kivu reste instable : malgré ces redditions, l’armée accuse l’AFC-M23 de continuer à violer le cessez-le-feu et de bénéficier de soutiens externes présumés. Ces défaites partielles ne signifient donc pas la fin du conflit, mais traduisent un affaiblissement progressif des forces rebelles.
Une détermination affichée
Pour les FARDC, ces défections successives confirment la nécessité et l’efficacité des opérations Sukola 2 Sud. L’armée réaffirme sa volonté de restaurer l’autorité de l’État et de sécuriser les hauts plateaux du Sud-Kivu. « Chaque arme déposée est un pas vers la paix, chaque défection une victoire de l’État sur l’anarchie », maxime militaire adaptée. La reddition des ex-rebelles à Fizi illustre un point de bascule : la rébellion montre des fissures, et l’autorité de l’État congolais progresse, lentement mais inexorablement.
Didier BOFATSHI / VF7