La pluie a parlé en Éthiopie, et la montagne a répondu par la mort. Au moins 102 âmes ont été emportées dans des glissements de terrain dévastateurs dans la zone de Gamo, tandis que 3 500 personnes ont été déplacées et 190 maisons réduites en poussière boueuse. Le Parlement éthiopien a décrété trois jours de deuil national, et les secouristes, engins à l’appui, poursuivent sans relâche la quête des disparus.
Le ciel pleure des vies
Des pluies torrentielles, incessantes depuis le début de la semaine, ont saturé les hautes terres du district de Gacho Baba. La terre, engorgée d’eau, a cédé sous son propre poids, emportant maisons et destinées. Comme le rappelait le géographe Jean‑Baptiste Fressoz : “Quand la nature se déchaîne, elle nous rappelle notre fragilité.”
Les montagnes en colère
Les glissements de terrain transforment les collines en tombeaux mouvants. Les routes ensevelies et les débris jonchant le sol créent un théâtre de chaos où chaque souffle est une lutte pour la survie. La région, habituée aux pluies, n’avait jamais connu une telle fureur depuis le glissement de Geze Gofa en 2024 qui avait coûté 229 vies.
La boue comme tribunal
Chaque village détruit, chaque maison engloutie, devient un verdict silencieux contre l’impréparation et l’impact croissant du changement climatique. Les scientifiques mettent en garde : ces pluies extrêmes sont renforcées par les activités humaines, faisant de l’Afrique de l’Est un laboratoire du dérèglement climatique.
Les survivants en éveil
Malgré la tragédie, l’espoir persiste. Les opérations de recherche continuent, guidées par le courage des habitants et la résilience des secouristes. Le danger n’est pas éteint : de nouveaux glissements menacent encore, rappel cruel que la montagne ne pardonne pas.
L’Éthiopie pleure ses disparus et défie l’orage, dans une lutte où chaque vie sauvée est une victoire contre l’inexorable. Comme l’écrivait Albert Camus : “Dans l’obscurité, il faut encore allumer une lumière.” Ici, la lumière se cherche dans la boue, entre les débris et les cœurs meurtris.
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com