Est de la RDC : Quand les alliés se transforment en ombres de guerre

Dans l’est de la RDC, la ligne entre alliés et ennemis s’efface. Deux chefs de milices Wazalendo, jadis alliés de l’armée régulière, ont été arrêtés à Walikale pour s’être livrés à des affrontements fratricides. Des combats qui ont semé mort et chaos parmi les civils, révélant la fragilité des alliances dans un territoire où la guerre se déguise en protection.

Les loups du même camp

Kirikicho Mirimba et Musubao Kalimba, alias « Kasilasi », représentaient les Wazalendo, ces groupes armés censés épauler les FARDC contre l’AFC/M23. Mais depuis plus d’un an, leurs hommes s’affrontent comme des loups dans la même meute, semant la mort et la peur parmi les populations civiles. Entre le 15 et le 18 février, 14 civils ont été tués, 7 femmes violées, des biens pillés, et des familles contraintes à l’exil.

Le poison des forêts

Kirikicho Mirimba, originaire de Ziralo dans le Kalehe, dirige depuis des années le Maï-Maï Kirikicho, majoritairement Tembo. Son groupe est lié à recrutements d’enfants soldats et à l’exploitation illégale des minerais or, coltan, cassitérite depuis 2009. Comme l’écrivait Jean Hatzfeld, « la guerre n’est jamais seulement sur les champs de bataille, elle est aussi dans les mains de ceux qui s’approprient la vie et les biens des autres ».

Alliés ou ombres ?

Musubao Kalimba et Kirikicho incarnent cette ambiguïté tragique : des combattants qui défendent le pays mais répandent aussi la terreur. L’armée congolaise a agi à Walikale, mettant fin à leurs rivalités meurtrières, et les deux hommes devront répondre devant la justice militaire. Cette interpellation rappelle que l’ordre et le chaos peuvent coexister au sein du même camp, et que la frontière entre protection et prédation est souvent invisible.

Le signal de la justice

L’arrestation de ces chefs de milices envoie un signal incandescent : ni l’allégeance, ni l’histoire militaire ne peuvent protéger ceux qui mettent en péril les civils. Comme le rappelle Sun Tzu, « celui qui connaît l’ennemi et se connaît lui-même ne sera jamais vaincu » un avertissement que la RDC semble vouloir transformer en action tangible.

Dans un est du Congo où la guerre est un cycle sans fin, cette opération marque un pas vers l’ordre et la responsabilité. Comme l’écrivait Albert Camus, « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». Ici, le présent est la justice militaire, et l’avenir, la survie des populations et la conscience éveillée de la nation.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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