Est de la RDC : Bruxelles débloque 500 000 euros pour les déplacés fuyant vers le Burundi

Face à la recrudescence des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’Union européenne a annoncé une aide humanitaire d’urgence supplémentaire de 500 000 euros en faveur des populations déplacées, notamment celles ayant trouvé refuge au Burundi. Cette décision intervient alors que les besoins humanitaires explosent et que les financements internationaux se raréfient.
Une annonce européenne dans l’urgence
L’information a été rendue publique le 18 décembre par Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la préparation et de la gestion des crises. Sur le réseau social X, elle a alerté sur l’ampleur des déplacements provoqués par la reprise des offensives de la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda, dans les provinces orientales de la RDC.
Un conflit ancien, une crise renouvelée
Selon les services de la Commission européenne, la nouvelle offensive du M23, notamment au Sud-Kivu, aurait déplacé environ 500 000 personnes, poussant des dizaines de milliers d’entre elles à franchir la frontière burundaise. Les centres de transit, déjà fragilisés, sont désormais saturés, tandis que les ressources humanitaires s’amenuisent. Bruxelles décrit cette séquence comme un nouvel épisode d’un conflit parmi les plus longs et les plus déstabilisateurs du continent africain.
L’ombre des coupes budgétaires
Cette aide intervient dans un contexte de contraction sévère des financements humanitaires, consécutive aux réductions budgétaires de plusieurs grands donateurs, dont les États-Unis. Les conséquences sont lourdes : suspension de programmes vitaux, recul des activités des ONG, pertes d’emplois et abandon de millions de bénéficiaires, notamment des enfants.
Entre diplomatie et aggravation sécuritaire
La dégradation sécuritaire coïncide avec la mise en œuvre des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, censés consolider un cessez-le-feu fragile. Sur le terrain, pourtant, les violences persistent, nourries par des accusations croisées, tandis que les populations civiles continuent de payer le prix fort d’une paix toujours différée.
Didier BOFATSHI

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