« Contrat du siècle » : quand l’or noir de la RDC éclaire l’injustice d’un pacte chinois

Près de vingt ans après sa signature sous la présidence de Joseph Kabila, le programme minier sino-congolais, connu comme le « contrat du siècle », est à nouveau sous les projecteurs. Le 5 mars 2026, les autorités de Kinshasa ont lancé un audit technique et financier couvrant la période 2008-2024, dans le but de vérifier l’exécution réelle du projet et d’actualiser les ressources minières exploitées par la coentreprise Sicomines, associant Gécamines et des partenaires chinois.

Les chiffres qui brûlent

Depuis le rapport de l’Inspection générale des finances en 2023, le déséquilibre du partenariat est devenu flagrant : 76 milliards de dollars de gains pour les Chinois, contre seulement 3 milliards d’infrastructures pour la RDC. Malgré le cinquième avenant signé en 2024, le modèle reste jugé insuffisant par la société civile.

Jean-Claude Mputu, porte-parole de la coalition « Le Congo n’est pas à vendre », rappelle : « Il faut qu’on sache exactement ce que les Chinois ont tiré du contrat et ce que la RDC a réellement reçu. »

Le feu sous les pierres

L’accord prévoit l’échange de cuivre et de cobalt contre la construction de routes, hôpitaux et écoles. Mais la lenteur et l’opacité de la réalisation des infrastructures ont cristallisé la critique. Le projet hydroélectrique de Busanga illustre les zones d’ombre : parts majoritaires chinoises, financement complexe, et manque de transfert technologique.

La bataille des comptes

L’audit, confié à un consortium international comprenant Rothschild & Cie, Mayer Brown et SRK Consulting, s’annonce exhaustif : minier, métallurgique, énergétique, infrastructurel, financier et fiscal. Il devra établir un diagnostic précis et renforcer la reddition de comptes, longtemps absente.

Vers un nouvel équilibre

La RDC espère que cette évaluation servira de base pour renégocier les termes de la coopération et rééquilibrer un partenariat longtemps jugé inégal. Comme le rappelle Jean-Claude Mputu : « On ne peut plus tolérer que des contrats majeurs se déroulent sans redevabilité. »

Le « contrat du siècle » est aujourd’hui un révélateur : entre promesses et réalités, l’histoire minière de la RDC interroge sur la souveraineté, l’équité et la transparence. Comme l’écrivait Victor Hugo, « La justice est le fondement du monde ». Et quand la pierre devient monnaie et l’or un enjeu, c’est tout un pays qui scrute le ciel pour savoir si l’équilibre pourra enfin renaître.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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