À Kinshasa, le cap est clair : transformer la richesse minière en puissance industrielle. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a scellé un dialogue stratégique avec le Conseil congolais de la batterie (CCB) et le Centre du commerce international (ITC) pour bâtir des chaînes locales de transformation dédiées aux batteries électriques. La République Démocratique du Congo, détentrice d’environ 70 % du cobalt mondial, ambitionne de passer de l’extraction brute à la valeur ajoutée.
Du minerai au moteur
Le virage est stratégique : produire, transformer, exporter des batteries non plus seulement des minerais. « La richesse consiste bien plus dans l’usage que dans la possession », écrivait Aristote. Ici, l’usage s’appelle industrialisation. Le CCB coordonne énergie, fiscalité, infrastructures et industrie pour ancrer la chaîne de valeur au pays.
L’alliance des expertises
Le partenariat avec l’ITC, agence conjointe de l’Organisation mondiale du commerce et de l’Organisation des Nations Unies, ouvre l’accès aux marchés, aux normes et aux réseaux. Identifier les débouchés, structurer l’offre, attirer l’investissement : la méthode est transversale. « Le commerce est l’art de relier les mondes », rappelait Montesquieu. Kinshasa veut relier mines et marchés, cobalt et compétitivité.
L’État stratège
Créé en 2022 sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, le CCB incarne une vision : fabriquer localement batteries et, à terme, véhicules électriques. L’appui au plus haut niveau est assumé, conformément au Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028. « L’industrie est l’âme visible d’une nation », écrivait Victor Hugo. Pour la RDC, elle doit devenir l’âme durable d’une transition énergétique maîtrisée.
Souveraineté industrielle
Au-delà de l’économie, c’est une souveraineté qui se dessine : sécuriser l’approvisionnement, créer des emplois qualifiés, capter la rente technologique. Sortir de la dépendance au brut pour entrer dans la géoéconomie des batteries. Ce partenariat ne promet pas seulement des usines ; il promet une bascule historique : du sous-sol au savoir-faire. « L’avenir appartient à ceux qui préparent aujourd’hui les fondations de demain », affirmait Malcolm X. Si la RDC transforme son cobalt en batteries, elle transformera surtout son destin économique et fera mentir la fatalité des richesses sans industrie.
ACP /VF7, via voltefaceinfos7.com