
Le vote par le Parlement israélien d’une loi instaurant la peine de mort pour certains Palestiniens condamnés pour attaques meurtrières provoque une onde de choc internationale. Dans le même temps, la violence attribuée aux colons israéliens en Cisjordanie occupée alimente une dénonciation croissante d’un système perçu par les Palestiniens comme profondément asymétrique. Entre législation sécuritaire et accusations de terrorisme, le conflit se déplace aussi sur le terrain du langage et de la qualification morale.
Le droit comme arme de seuil
La nouvelle loi votée à la Knesset cristallise une rupture juridique majeure : elle introduit une peine capitale ciblée, perçue par ses détracteurs comme discriminatoire dans son application. Le droit, ici, ne se limite plus à encadrer la violence, il en redessine les contours légitimes.
La violence des mots, la guerre des définitions
Pour la ministre palestinienne des Affaires étrangères, il ne s’agit plus de simples affrontements mais de « terrorisme ». Cette requalification n’est pas seulement sémantique : elle vise à renverser la hiérarchie morale des récits. Comme l’écrivait Edward Said, « celui qui contrôle la narration contrôle la réalité ».
L’asymétrie institutionnalisée
Les chiffres évoqués centaines d’attaques, destructions de biens, violences physiques — nourrissent l’accusation d’un système où la violence n’est pas seulement tolérée, mais structurellement inégale dans sa reconnaissance. Les Palestiniens dénoncent une normalisation de leur insécurité dans un cadre où la qualification juridique dépend de l’identité des acteurs.
L’armée entre deux fronts
Face à l’escalade, l’armée israélienne redéploie des troupes de Gaza et du Liban vers la Cisjordanie, signe d’une tension interne croissante. Mais sur le terrain, les effets restent limités, laissant perdurer une impression d’enchevêtrement entre contrôle militaire et expansion des violences civiles.
Comme le rappelait Frantz Fanon, « toute forme d’oppression engendre une contre-violence qui la reflète ». Une phrase qui résonne ici comme une lecture tragique d’un cycle où chaque action appelle une réaction, sans sortie évidente.
Et dans cette spirale, une question demeure suspendue : quand la justice devient un instrument différencié selon les identités, reste-t-il encore un langage commun de la légitimité ? Comme l’écrivait Hannah Arendt, « la violence peut détruire le pouvoir, mais elle ne peut jamais le fonder durablement ».
Didier BOFATSHI
RFI / VF7, voltefaceinfos7.com