Réunis en Doral, aux Floride, les alliés régionaux des États-Unis ont adopté la « charte de Doral », un document stratégique présenté comme un instrument de coopération et de souveraineté hémisphérique. Portée par le président Donald Trump, cette initiative s’inscrit dans un contexte de rivalité croissante avec la Chine pour l’influence politique et économique en Amérique latine. Analysée par certains experts comme un retour à la logique des sphères d’influence, la charte relance le débat sur l’équilibre des puissances dans l’ordre international contemporain.
Sommet stratégique
Adoptée lors du sommet du « Bouclier des Amériques » organisé à Doral, en Floride, la « charte de Doral » marque une tentative de redéfinition des équilibres géopolitiques dans l’hémisphère occidental. Sous l’impulsion du président américain Donald Trump, plusieurs dirigeants latino-américains ont soutenu un texte visant à renforcer la coopération sécuritaire, économique et politique dans la région.
Selon un responsable de la Maison-Blanche, le document vise à consolider une alliance régionale face aux influences extérieures : « Les nations des Amériques doivent pouvoir défendre leur souveraineté et protéger leurs intérêts stratégiques dans un environnement international de plus en plus compétitif. »
Retour de la logique des sphères d’influence
Pour de nombreux analystes, cette initiative rappelle les grandes doctrines stratégiques américaines liées à la défense de l’hémisphère occidental, notamment la Doctrine Monroe.
Le théoricien du réalisme classique Hans Morgenthau expliquait :
« La politique internationale est une lutte permanente pour le pouvoir, dans laquelle les États cherchent à maintenir ou accroître leur influence. »
Dans cette perspective, la charte de Doral apparaît comme un instrument diplomatique destiné à préserver la centralité stratégique des États-Unis dans la région.
Rivalité stratégique globale
La montée en puissance économique de la Chine en Amérique latine constitue l’un des moteurs de cette initiative. Pékin est devenu l’un des principaux partenaires commerciaux du continent, notamment via l’initiative des Nouvelles routes de la soie.
Dans la logique du réalisme structurel, le politologue Kenneth Waltz décrivait ce phénomène comme une réaction classique des puissances établies :
« Les États cherchent à équilibrer la puissance dominante ou émergente afin de préserver la stabilité du système international. »
Entre souveraineté et dépendance
Pour certains observateurs, la charte de Doral pourrait renforcer l’alignement stratégique de plusieurs États latino-américains sur Washington. Le sociologue des relations internationales Immanuel Wallerstein soulignait que les puissances centrales structurent souvent l’espace mondial autour de leurs intérêts :
« Les puissances centrales organisent les relations politiques et économiques pour maintenir leur position dominante dans l’économie-monde. »
Une nouvelle ligne de fracture
À terme, la charte pourrait accentuer la polarisation géopolitique entre les États proches de Washington et ceux privilégiant une coopération économique avec Pékin. Le diplomate Henry Kissinger résumait cette dynamique : « L’ordre international n’est jamais permanent ; il résulte d’un équilibre toujours fragile entre les puissances. »
Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.com