La République Démocratique du Congo franchit une étape clé vers la modernisation industrielle avec la plateforme NCD, un système de certification numérique destiné à renforcer la compétitivité et la sécurité des produits locaux. Hans BOYEYE BOLANGA, conseiller numérique et chef des travaux à l’Université Pédagogique Nationale, analyse les enjeux de cette innovation et ses implications pour l’inclusion économique.
L’éveil numérique de l’industrie congolaise
La présentation du Système national informatisé de certification aux normes congolaises (NCD), développée par Videray Technologie devant le ministre Julien Paluku Kahongya et les responsables de l’Office congolais de contrôle, symbolise l’entrée de la RDC dans l’ère digitale. Selon Hans BOYEYE BOLANGA, la dématérialisation des processus de certification réduit les lenteurs bureaucratiques et permet de renforcer la traçabilité et la fiabilité des produits. La plateforme incarne un espoir pour une industrie nationale plus compétitive et crédible, capable de rivaliser sur les marchés régionaux et internationaux.
La promesse et le piège de la modernisation
L’expert met toutefois en garde contre le risque d’une modernisation asymétrique. Si l’accès à la certification numérique demeure limité aux opérateurs dotés d’infrastructures connectées et de compétences technologiques, les producteurs informels majoritaires dans l’économie congolaise pourraient être marginalisés. La modernisation, sans accompagnement, pourrait se transformer en barrière invisible à l’entrée économique.
Construire un écosystème inclusif
Pour éviter cette fracture, Hans BOYEYE BOLANGA préconise la création d’un écosystème d’accompagnement : formation des producteurs, centres provinciaux d’appui numérique, et amélioration de l’accès à l’internet industriel. Cette approche transforme la certification en outil de développement industriel, et non en simple mécanisme de contrôle, en intégrant innovation technologique et justice économique.
La norme comme géographie morale2
L’expert résume : « La norme n’est pas seulement une frontière administrative ; elle est la géographie morale de la qualité économique d’un peuple ». Au-delà du simple tampon numérique, la certification devient un instrument stratégique de souveraineté industrielle, reflétant les choix et ambitions d’une nation en mutation.
Si le NCD réussit à concilier modernité et inclusion, la RDC pourrait créer un modèle africain de gouvernance industrielle digitale, où la norme devient moteur de développement et vecteur de confiance. Comme le disait Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde ». Ici, la certification numérique se révèle comme une éducation du marché et de l’industrie, façonnant l’avenir économique du pays.
Didier BOFATSHI / voltefaceinfos7.com