À quelques heures du quadruple scrutin du 28 décembre, la Centrafrique se tient entre stabilité fragile et mémoire des violences. Entre forces étatiques et mercenaires russes, le vote devient autant un acte civique qu’un défi sécuritaire. Les zones périphériques restent un théâtre d’incertitude, où l’ombre des groupes armés menace la participation et la légitimité du scrutin.
Bangui, îlot de stabilité au milieu du chaos
Dans la capitale, les bureaux de vote se préparent sous la vigilance des forces nationales et étrangères. Les rues refaites et les brigades de gendarmerie donnent l’illusion de la paix retrouvée. Mais derrière les façades, l’État peine à convaincre les populations des régions isolées que voter est sans danger. La sécurité est visible, mais parfois trop orchestrée pour inspirer confiance.
Wagner : gardien ou spectre de l’élection ?
Les mercenaires russes, présents dans les zones stratégiques, assurent un contrôle militaire efficace. Mais leur ombre inquiète : protection et intimidation se confondent. Dans le Haut-Mbomou et la Vakaga, des poches de violences persistent, freinant l’accès aux urnes et réduisant le taux de participation attendu. Pour les experts, la légitimité du scrutin dépendra autant de l’ordre que de la liberté d’expression des électeurs.
Participation et légitimité : le fragile équilibre
Avec 2,4 millions d’électeurs inscrits, la question centrale reste la même : jusqu’où la sécurité garantit-elle le vote libre ? Les analystes électoraux soulignent que le succès du scrutin repose sur la capacité de l’État et de ses alliés à sécuriser les zones périphériques, sans transformer le contrôle en pression politique. La Centrafrique vote, mais vote-t-elle en paix ?
Didier BOFATSHI