Brazzaville s’agite. Le sommet extraordinaire de la CEMAC s’ouvre sur un sol sec de devises et un ciel chargé d’incertitudes. Entre déficits et dettes, la région cherche un souffle pour ne pas s’effondrer.
Réserves à bout de souffle
Les coffres de la zone CEMAC ne tiennent que quatre mois. La baisse des cours des matières premières fait vibrer la corde sensible de l’économie régionale. Kenneth Waltz l’aurait appelé « peur et incertitude face aux intentions et capacités d’autrui ». Ici, la vulnérabilité n’est pas seulement financière : elle est le miroir d’une dépendance aux forces extérieures et aux marchés mondiaux.
Budgets en fusion
Déficits au Gabon, Tchad, Guinée équatoriale : les finances nationales dépassent les normes communautaires. Hedley Bull rappelle : « La stabilité repose sur la reconnaissance mutuelle de règles et de normes ». La discipline budgétaire devient un rituel pour maintenir l’équilibre fragile, entre souveraineté et contraintes régionales.
Croissance et légitimité
Le Gabon annonce un « programme économique de croissance », renforcement de la transparence, gouvernance améliorée. Francis Deng insiste : « La souveraineté se mesure à la capacité de maintenir la cohésion sociale et de gérer les tensions internes ». Ces initiatives sont un signal envoyé aux citoyens et aux partenaires internationaux : la région se veut responsable et crédible.
Dépendance ou stratégie ?
L’appui du FMI reste nécessaire. La dépendance révèle une autonomie limitée, mais aussi une gestion prudente des crises. Alignement des lois de finances, sécurisation bancaire, rapatriement des avoirs : la CEMAC tente d’éviter l’effondrement et de rassurer les marchés. La stratégie est un mélange de calcul économique et de communication politique, entre résilience et visibilité internationale.
La CEMAC navigue dans une mer agitée : déficit, dette, dépendance, mais aussi initiatives de gouvernance et programmes de croissance. Comme le disait Sun Tzu : « Celui qui connaît le terrain et maîtrise le vent est maître de la bataille ». Ici, la bataille n’est pas seulement économique : elle est sociale, politique, régionale. La question reste ouverte : la région tiendra-t-elle le souffle ou sera-t-elle emportée par les flammes de ses propres fragilités ?
RFI / VF7, via voltfaceinfos7.com