Dans les camps où des milliers de Congolais ont trouvé refuge face aux violences armées des Kivu, le silence est troublé par le fracas invisible des épidémies. Choléra et rougeole frappent, mais ce sont aussi les blessures du corps et de l’âme qui s’accumulent dans l’ombre, révélant l’urgence d’une réponse humanitaire coordonnée et soutenue.
Épidémies dans l’ombre des camps
De retour d’une mission humanitaire au Burundi, la ministre Eve Bazaiba Masudi dresse un constat alarmant : près de 200 cas de choléra ont été recensés parmi 250 000 réfugiés, avec déjà deux décès. La rougeole, moins létale mais tout aussi inquiétante, touche 28 personnes. Chaque chiffre n’est pas qu’une statistique, mais une vie suspendue, prise en charge par Médecins Sans Frontières et les équipes médicales locales, tandis que le temps semble s’égrener trop lentement face à l’urgence.
Les blessures invisibles
Au-delà des épidémies, la mission a mis en lumière les cicatrices de la violence et de l’exil. Des femmes victimes de violences sexuelles, des hommes souffrant de maladies chroniques privées de leurs traitements essentiels diabète, hypertension, certains ayant succombé faute de soins, rappellent que la détresse humanitaire ne se limite pas à la seule infection. Chaque camp devient un microcosme où la fragilité humaine se conjugue au pluriel.
Appel à la solidarité
La ministre alerte sur le manque de moyens et de médicaments qui menace la survie de ces populations déplacées. Elle lance un appel vibrant à la solidarité nationale et internationale, invitant à transformer l’émotion en action, et les constats en interventions concrètes. « L’humanité d’une société se mesure à l’urgence avec laquelle elle tend la main à ceux que le destin a laissés à l’ombre » un écho des camps qui réclame des réponses immédiates.
Didier BOFATSHI