Thierry Banga Lole, technicien et reporter engagé de la RTNC et de La Voix de l’Ituri, a été tué à son domicile dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 décembre 2025. Une attaque armée qui frappe non seulement un homme, mais l’écho même de la liberté d’informer en Ituri.
Une nuit meurtrière dans le cœur de Bunia
À Bunia, la nuit a volé une voix. Thierry Banga Lole, journaliste décrit par ses collègues comme « engagé, croyant au rôle du journaliste comme sentinelle de la société, au service de la vérité et des citoyens », a été agressé à son domicile par des assaillants armés encore non identifiés. Gravement blessé, il a succombé à ses blessures à la clinique Salima.Le mode opératoire, ciblé et calculé, éloigne toute hypothèse de simple crime crapuleux. Ici, le coup de feu n’a pas seulement frappé un homme, mais visé la lumière que porte l’information.
Quand le journalisme devient cible
L’attaque contre Banga Lole illustre la vulnérabilité des journalistes dans l’Ituri. Sa mort n’est pas seulement un homicide ; c’est une attaque contre la liberté d’expression et la société elle-même. La Constitution congolaise garantit cette liberté : « La liberté de la presse est garantie » (art. 24) et « tout citoyen a droit à la vie et à la sécurité de sa personne » (art. 23).Au plan international, l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques protège le droit à l’information, tandis que la Déclaration de l’UNESCO sur la protection des journalistes rappelle que « les États doivent s’assurer que les journalistes puissent exercer leur travail librement et en toute sécurité ». Les résolutions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU soulignent encore la nécessité de « prévenir, enquêter et sanctionner les crimes commis contre les journalistes ».
L’État appelé à répondre
Journalistes en danger (JED) exprime « sa profonde indignation » et demande aux autorités compétentes d’ouvrir une enquête sérieuse, rappelant que « l’impunité ne peut devenir la complice des assassins ». Les habitants, les médias et les institutions internationales observent. Une enquête rapide et transparente n’est pas un choix : c’est une obligation légale et morale, une lumière sur les ombres où le silence menace la vérité. En Ituri, la voix de Thierry Banga Lole résonne encore, appelant à la vigilance et à la responsabilité de l’État et de la société.
Didier BOFATSHI