Brazzaville : L’opposition appelle à refonder le pacte national

Au lendemain de la réélection de Denis Sassou Nguesso, crédité de 94,90 % des suffrages selon les résultats officiels, la scène politique congolaise s’ouvre sur une équation familière mais cruciale : celle de la continuité du pouvoir face à l’exigence d’une gouvernance inclusive. L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), principale formation d’opposition, choisit de ne pas contester frontalement le résultat, mais de déplacer le débat vers l’avenir institutionnel du pays.

Le silence des urnes, la parole du réel

L’opposition n’a pas présenté de candidat, estimant que les conditions d’un scrutin équitable n’étaient pas réunies. Pourtant, loin du retrait politique, elle réinvestit l’espace public en affirmant que « la construction du Congo doit se poursuivre ». Une manière de transformer la défaite électorale en exigence programmatique.

Le pacte des possibles

Dans la lecture de Sidoine Giscard Madoulou, le nouveau mandat doit s’ériger en “phase décisive”, celle d’un rassemblement national dépassant les clivages. Le concept de pacte républicain prend ici une dimension quasi architecturale : il ne s’agit plus seulement de gouverner, mais de recoudre un tissu social fragmenté par le temps et les tensions politiques.

La gouvernance sous surveillance morale

L’UPADS appelle à une gouvernance fondée sur la transparence, la qualité des politiques publiques et l’implication de toutes les forces vives. Derrière ce langage institutionnel se dessine une exigence plus profonde : celle d’un État qui ne se contente plus de durer, mais qui se justifie par ses effets concrets sur le quotidien des citoyens.

La paix comme horizon inachevé

La question de la cohésion nationale reste centrale. L’opposition insiste sur la nécessité d’actes forts pour consolider l’unité et apaiser les fractures. Dans ce registre, la politique cesse d’être seulement une compétition électorale pour devenir une architecture de réparation collective.

Comme le rappelait Paul Ricoeur, « la justice commence là où la mémoire accepte de ne pas se venger ». Une phrase qui résonne dans un pays où le passé politique demeure un matériau actif du présent.

Au fond, cette séquence politique congolaise pose une interrogation plus large : comment transformer la longévité du pouvoir en dynamique de transformation réelle ?

Comme l’écrivait Montesquieu, « il n’y a point de plus grande tyrannie que celle exercée à l’ombre des lois ». Une mise en garde qui, ici, sonne moins comme une accusation que comme une exigence de vigilance permanente.

Didier BOFATSHI

RFI / VF7, voltefaceinfos7.com

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