À Kinshasa, le 16 mars, un protocole d’accord a été signé entre le ministère de l’Aménagement du territoire et
Expertise France, sous financement de l’Agence française de développement (AFD), pour transformer la ville de Boma, au Kongo Central. Objectif : contenir les inondations, moderniser les infrastructures et redéfinir l’avenir urbain d’une cité fragilisée.
Dans une ville régulièrement submergée par les eaux et marquée par les séquelles du changement climatique, ce projet s’impose comme une réponse structurante. Conçu sur deux ans et demi, il ambitionne d’allier résilience environnementale, gouvernance urbaine et relance socio-économique, avec un accent particulier sur les femmes et les jeunes.
« L’eau qui menace, la ville qui résiste »
À chaque pluie, Boma vacille. Les inondations récurrentes traduisent une vulnérabilité structurelle. Comme le souligne Ulrich Beck, « notre époque est celle de la société du risque ». Ici, le projet devient une réponse à l’urgence : contenir l’érosion, canaliser les eaux, protéger les vies.
« Le béton comme promesse de salut »
Routes, eau potable, électricité : les infrastructures deviennent le socle d’une renaissance. La réhabilitation annoncée vise à redonner souffle à la ville. Selon Jane Jacobs, « les villes ont la capacité de fournir quelque chose à tout le monde, seulement parce qu’elles sont créées par tout le monde ». Boma se réinvente par l’investissement.
« Gouverner la ville, écouter ses battements »
Au-delà des ouvrages, le projet introduit une gouvernance participative. Espaces de dialogue, implication citoyenne : la ville cesse d’être un objet pour devenir un acteur. Une dynamique où la décision publique s’ancre dans le vécu des habitant
« L’avenir en chantier, l’espoir en fondation »
Portée par Expertise France et ses partenaires, l’initiative inscrit Boma dans une trajectoire durable. Elle ambitionne non seulement de protéger, mais aussi de rendre la ville attractive, compétitive et résiliente face aux chocs climatiques.
Ce protocole dépasse la technique : il engage une vision. Celle d’une ville qui refuse la fatalité des eaux pour embrasser une transformation maîtrisée.
« Développer, c’est prévoir et transformer », pourrait-on dire face à l’urgence climatique. Et dans ce combat entre nature et urbanité, résonne la pensée de Antoine de Saint-Exupéry : « L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre. »
Okapi