Des coups de feu ont éclaté ce vendredi matin à Baraka, au Sud-Kivu, alors que l’afflux massif de militaires et de déplacés civils en provenance d’Uvira met la ville à l’épreuve. Entre miliciens wazalendo audacieux et forces armées résilientes, le fragile équilibre de cette cité lacustre vacille sous le souffle de la peur et de l’incertitude.
Baraka, carrefour de fuites et de tensions
Les rues de Baraka résonnent de silences lourds. Les écoles sont fermées, les marchés désertés, et les transports suspendus. Les habitants, réfugiés derrière leurs portes closes, observent la ville se tendre comme un arc, prête à craquer. L’arrivée des FARDC et des soldats burundais, fuyant la perte de contrôle de Uvira aux mains des rebelles de l’AFC/M23, a transformé Baraka en théâtre de vigilance et d’inquiétude.
Wazalendo vs militaires : un affrontement symbolique
Dans le quartier Mongemonge, les miliciens wazalendo ont tenté de désarmer les militaires, déclenchant près d’une heure de tirs localisés. L’opération échoue, mais laisse une marque indélébile : la résistance des groupes armés locaux reste tangible, défiant le monopole de l’État sur la force. Les balles sifflent comme une métaphore du chaos latent, rappelant que la sécurité ici est fragile, mouvante et toujours en négociation.
Impact et enjeux : le souffle d’une ville suspendue
La fuite répétée des autorités du Sud-Kivu, du Bukavu à Uvira puis Baraka, illustre l’instabilité chronique. La paralysie économique et sociale, conjuguée à la peur des habitants, dessine un horizon incertain. Si les FARDC tiennent leur ligne, la population reste le fil tendu entre espoir et effroi.
Jean-Jacques Elakano, vice-gouverneur, tente de poser des mots rassurants : « Les rebelles ne fouleront jamais le sol de Fizi ». Mais derrière cette déclaration, l’ombre des armes continue de planer sur Baraka, citadelle suspendue entre fuite et résistance.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfos7.com