Bapere : quand les casques bleus s’envolent pour soutenir la terre fragile du Nord-Kivu

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Bapere retient son souffle. La MONUSCO prépare un déploiement logistique pour appuyer les FARDC et l’armée ougandaise dans l’opération Shujaa contre les rebelles des ADF. Hélicoptères prêts, vivres acheminés, radios communautaires mobilisées : ici, la sécurité se joue entre ciel et sol, entre rumeurs et réalités.
Hélicoptères et vivres : lever les obstacles invisibles
Dans le territoire enclavé de Lubero, les routes se perdent dans la poussière et les montagnes, la nourriture se raréfie, chaque déplacement est un défi. Muhindo Tafuteni, président de la société civile, le rappelle : « La MONUSCO, avec ses hélicoptères, pourra jouer un rôle… les FARDC peuvent facilement profiter de l’appui logistique dans cette zone où trouver à manger n’est pas facile ». Les casques bleus ne viennent pas combattre, mais porter les forces locales, relier les villages isolés, transformer les obstacles invisibles en voies d’action concrètes.
Méfiance et désinformation : l’ombre à combattre
Les rumeurs passées à Manguredjipa ont transformé la Mission en cible. Radios communautaires, leaders locaux et campagnes de sensibilisation deviennent l’armure de vérité de la MONUSCO. Comme le rappelle Séverine Autesserre : « Les missions internationales échouent souvent non pas par manque de moyens, mais parce que les populations locales ne croient pas à leur impartialité ». Informer est ici une opération stratégique, aussi cruciale que le transport de vivres ou de munitions.
Bapere : laboratoire de coopération et de résilience
L’opération Shujaa mêle stratégie militaire et logistique humanitaire. Chaque hélicoptère qui survole Bapere transporte un peu de sécurité, chaque effort de communication tisse un fil de confiance entre forces conjointes et civils. Gérard Prunier le rappelle : « La sécurité en RDC n’est pas seulement une question de présence militaire, mais d’acceptation locale, de légitimité et de liens tissés avec la population». Bapere devient ainsi un laboratoire de résilience, un lieu où l’action, la parole et l’espérance s’entrelacent, et où la sécurité se construit autant dans la confiance que dans l’hélice d’un hélicoptère.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfos7.com

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