Alors que l’accord RDC–Rwanda doit être signé à Washington, Lamuka dénonce une « capitulation » diplomatique et économique. Mais une tension se glisse dans sa propre ligne : la coalition affirme ne pas connaître le contenu du texte, tout en rejetant avec force un accord dont elle demande encore l’accès. Une contradiction qui révèle autant l’opacité du processus que la nervosité politique qu’il suscite.
Lamuka dénonce un accord “triangulaire et imposé”, mais admet ne pas l’avoir lu
À l’approche de la signature du 4 décembre, la plateforme Lamuka hausse le ton. Prince Epenge décrit un accord « intriangulaire » entre États-Unis, RDC et Rwanda, et accuse Washington d’imposer à la RDC une coopération économique avec Kigali.
Mais une fissure apparaît dans ce pilier rhétorique. Martin Fayulu, figure centrale de Lamuka, a récemment déclaré attendre de connaître le contenu exact de l’accord un aveu qui révèle que la coalition ne dispose pas du texte qu’elle conteste.
Cette tension interne s’ajoute au climat d’opacité entourant l’accord, et interroge : comment dénoncer une capitulation dont on ignore encore les clauses ? La critique de Lamuka prend alors une forme paradoxale, entre réflexe de méfiance et déficit d’information.
Un accord jugé menaçant pour la souveraineté congolaise
Malgré cette inconnue, la coalition persiste : l’architecture même du processus lui semble suspecte. Le cadre trilatéral, la présence active américaine et la participation rwandaise sont perçus comme une pression extérieure sur le choix souverain des partenaires économiques de la RDC. Pour Lamuka, même sans avoir le texte, la mise en scène géopolitique suffit à sonner l’alarme.
Quatre exigences comme garde-fous souverainistes
Pour éviter ce qu’elle qualifie de renoncement, Lamuka veut ancrer la renégociation autour de quatre piliers : Reconnaissance par Kigali de la traque des FDLR en RDC, retour des FDLR au Rwanda pour un dialogue inter-rwandais, lancement d’un dialogue inter-congolais inclusif et pas de signature tant qu’une présence militaire rwandaise subsiste en RDC. Ces exigences apparaissent comme une boussole alternative, face à un texte invisible mais déjà contesté.
Une bataille politique à l’aveugle ?
Pour l’opposition, la souveraineté congolaise est trop fragile pour être laissée à un accord opaque. Mais en dénonçant avant de lire, Lamuka s’expose à une critique symétrique : mener une offensive politique dans le brouillard.
La bataille de Washington devient alors double : contre un accord jugé menaçant, et contre l’obscurité qui entoure son contenu.Un texte invisible qui déclenche, paradoxalement, les turbulences les plus visibles.
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