Le désert a grondé. Le ciel a frappé. Près de Ménaka, dans l’extrême nord-est du Mali, l’armée affirme avoir tué plus d’une vingtaine de combattants de l’État islamique lors de frappes aériennes menées durant le week-end. Une riposte brutale, revendiquée, presque mise en scène, après une embuscade meurtrière tendue quelques jours plus tôt contre les forces maliennes et leurs alliés russes.
Selon l’état-major, les bombardements ont visé des positions jihadistes près d’Akabar, à la frontière nigérienne. Le Mouvement pour le soutien de l’Azawad (MSA), allié local de l’armée, avance un bilan plus lourd encore : près de quarante morts. Dans cette guerre des chiffres, une certitude demeure : Ménaka reste un champ de braises.
Le piège du sable
Jeudi, à Inatabakate, les combattants de l’État islamique au Sahel (EIS) avaient frappé les premiers. Une embuscade contre une patrouille malienne, appuyée par des éléments du MSA et des supplétifs russes de l’Africa Corps. Une attaque éclair, méthodique, rappelant que dans le Sahel, le silence précède toujours la mort.
Le ciel comme revanche
La réponse est venue d’en haut. L’aviation malienne a pilonné les zones de repli jihadistes. Dans la logique militaire, la frappe aérienne est devenue le langage dominant d’un État qui refuse de reculer. Comme le disait Carl von Clausewitz, « la guerre est un acte de force destiné à contraindre l’adversaire ».
Alliances de feu
Sur le terrain, l’armée malienne avance désormais avec des alliés hybrides : groupes armés locaux en cours d’intégration, partenaires russes controversés. Une coalition de nécessité, forgée dans l’urgence, où chaque acteur cherche sa place dans un conflit sans lignes fixes.
À Ménaka, la guerre ne se gagne pas, elle se contient. Chaque frappe repousse l’ennemi, sans l’effacer. Le politologue Raymond Aron l’écrivait crûment : « La paix impossible, la guerre improbable, mais toujours présente ». Dans le nord du Mali, cette phrase résonne comme une prophétie qui refuse de se taire.
RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com