Sous les dorures sobres de la Cité de l’Union africaine, la diplomatie a parlé papier et symbole. Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu les lettres de créance de trois nouveaux ambassadeurs et d’une représentante spéciale de l’Union africaine. Une information consultée par notre rédaction sur la page officielle de la Présidence de la RDC.
Le protocole comme langage
Les gestes sont codifiés, mais leur portée est politique. Ghana, Liban, Qatar, Union africaine : quatre horizons, un même centre de gravité, Kinshasa. En diplomatie, écrivait Henry Kissinger, « la reconnaissance précède l’influence ». En apposant son sceau, le chef de l’État reconnaît et s’affirme. La RDC n’est pas en retrait : elle reçoit.
Des visages, des trajectoires
Magnus Kofi Amoatey arrive avec l’héritage de la diplomatie culturelle ghanéenne. Haytham Ibrahim retrouve un terrain familier après des fonctions à Kinshasa et Brazzaville. Hamad Salem Alshaikh Alkuwari apporte une expérience diplomatique transcontinentale, de Pékin à Caracas. Et Fatima Kyari incarne la voix continentale, forte de son passage aux Nations unies. « Les diplomates sont les cartographes du possible », rappelait Raymond Aron.
La RDC au centre du jeu
Au-delà des profils, le message est stratégique : la RDC entend consolider ses partenariats bilatéraux et renforcer son engagement multilatéral. Cette séquence protocolaire, relayée par la Présidence, inscrit le pays dans une diplomatie de continuité et de visibilité. Comme l’écrivait Georges Scelle, « l’État existe autant par ses relations que par ses frontières ».
Ces lettres de créance sont moins des formalités que des passerelles. Elles disent une volonté de dialogue dans u8n monde fragmenté. Et, pour reprendre Léopold Sédar Senghor, « la diplomatie est l’art patient de faire dialoguer les destins ». À Kinshasa, ce dialogue vient d’être officiellement scellé.
Didier BOFATSHI