Du haut de la tribune dressée devant le Palais du peuple, André Mbata a tranché net. Face aux initiatives de la CENCO et de l’ECC, le secrétaire permanent de l’Union sacrée pour la nation a rejeté le « pacte social pour la paix », affirmant que tout dialogue politique en RDC ne saurait exister qu’à l’initiative et sous l’autorité du président Félix Tshisekedi.
Un rejet frontal sous le soleil de Kinshasa
Le 19 décembre, dans une chaleur écrasante, quelques formations de l’Union sacrée ont mobilisé leurs militants à Kinshasa. Devant cette foule compacte, André Mbata, figure centrale de la majorité présidentielle, a livré un discours sans détour. L’initiative portée par les Églises catholique et protestante, pourtant adoubée par l’opposition et la société civile, a été publiquement disqualifiée. Pour Mbata, le pacte social « ne passera pas » et ne mérite ni campagne, ni liturgie, ni médiation extérieure.
Le dialogue, monopole présidentiel
Dans une rhétorique de verrouillage institutionnel, le député national a martelé qu’aucun cadre de concertation ne peut exister en dehors de la volonté du chef de l’État. Toute tentative parallèle est, selon lui, vouée à l’échec. Le dialogue, s’il devait avoir lieu, serait donc unilatéralement défini, encadré et conduit par Félix Tshisekedi.
Kabila et l’opposition dans le viseur
Le discours a également pris une tournure accusatoire à l’endroit de l’ancien président Joseph Kabila et de ses alliés. André Mbata a remis en cause les dix-huit années de gouvernance passées, accusant ce camp d’avoir échoué à contenir l’influence régionale de Kigali et de se présenter aujourd’hui en sauveur d’un pays qu’il aurait contribué à fragiliser.
Un pacte ecclésial en quête d’écho politique
Porté par la CENCO et l’ECC, le Pacte social pour la paix ambitionne pourtant de retisser le lien national et régional dans un contexte sécuritaire explosif à l’Est du pays. Présenté à plusieurs chefs d’État africains et occidentaux, le projet se heurte désormais à un mur politique à Kinshasa, révélant une fracture profonde entre pouvoir, Églises et opposition.
Didier BOFATSHI